Cher racisme

Cher racisme,

La première fois que je t’ai connu, j’avais 11 ans. On était au foot, j’avais marqué un but, et Inès m’avait traité de sale juive. C’était la première fois. Je savais pas comment réagir, alors j’ai pleuré. On est con à cet âge là. Déjà si aussi jeune y a cette mentalité là, c’est facile à dire mais tu te dis qu’à la maison y a un problème. Que disent les parents ? La gosse va pas débouler à l’école comme ça et traiter les autres de sale juif, c’est que forcément c’est ce qu’on lui fout dans la tête. Depuis, j’ai pas eu trop de soucis, si ce n’est des « t’es juive donc t’es riche ? » « mais du coup t’es juive donc t’es radine ? », ‘fin les clichés habituels quoi. Mais je suis loin d’être la plus à plaindre. Surtout qu’aujourd’hui je suis prête à affronter n’importe quoi. Je suis juive et j’en suis fière. J’ai été élevée dans l’amour d’Israel et c’est quelque chose que je porte la tête haute. Il y a des gens qui ne comprennent pas ça et qui se réfugient dans tes bras. C’est la facilité. Ils ne comprennent pas que les gens peuvent juste aimer leur pays, leur religion, et être « tranquilles ». Non, c’est forcément des extrémistes, des caids, des bandits, des tueurs. Ou pire, des terroristes. Il y a une peur de l’autre assez énorme, surtout dans ce pays. Ok, les médias nous bourrent le crâne de ouf, mais quand même. Où est le libre arbitre des gens dans tout ça ? En fait, les médias disent « les arabes c’est les méchants et les juifs sont tous riches », et hop, ça donne des gens qui tremblent quand ils croisent un arabe un peu trop barbu et d’autres qui regardent de travers un juif qui porte une kippa, parce que la jalousie tu comprends. Et c’est là où tu commences. La peur, la jalousie, les critiques gratuites. Les agressions, les meurtres. Au nom de quoi ? De la différence de religion, de couleur de peau. Vraiment, on en est là ? Depuis la nuit de temps, l’humanité a un problème avec toi. L’apartheid, la ségrégation, l’esclavage des noirs… C’est surréaliste de considérer que des humains ont moins de valeur ou sont moins bien que d’autres humains juste parce qu’ils sont noirs, arabes, chinois ou juifs. On est tombés dans ce monde là, où tout le monde se prend pour dieu et croit qu’il peut juger ou non de la valeur d’une personne ou de ses péchés. C’est n’importe quoi. Alors les gens ont peur, ils se cachent derrière toi pour cacher leurs complexes, leur peur de l’autre qu’ils ne cherchent ni à comprendre ni à combattre, et ils vomissent leur haine. Ça peut s’arrêter là, à parler de toi devant les infos, sur fb, et à dire que « vivement que Marine fasse le ménage, parce que les migrants ça va deux minutes mais faut pas déconner », comme ça peut aller beaucoup plus loin. Agressions, meurtres. Au nom de quoi ? De la différence, de la peur ? Non, de la connerie. La peur ne pourra jamais justifier de tuer des gens sous prétexte qu’ils portent une kippa ou un voile. « Les arabes foutent la merde en France », « Y a trop de noirs dans l’équipe de France », « y en a marre de voir plus de noirs à la tv que de français ». Mais ces gens là sont aussi Français. Il y a un taux de connerie assez incroyable dans ce que peuvent dire les gens qui t’ont dans la tête. Parce que franchement à part toi, je pense pas que y ait grand chose d’autre. Ils sont bouffés par la haine, mais pas que des autres, ils ont la haine contre leur propre vie. Ils se défoulent sur ce qu’ils trouvent. Je pense pas que quand t’es en paix avec toi même et heureux tu craches sur un noir dans la rue. Mais pourtant on est dans ce monde et dans ce pays là où, on va pas se mentir, ça va peut être mieux mais en soit la différence n’est pas acceptée et où il faut être un homme blanc hétéro pour être le roi du monde. Waw. Nos choix ne regardent que nous. Ce sont nos choix. La religion en fait parti. Je pense qu’il y a un vrai problème de tolérance de l’autre parce que l’homme est incapable de vivre en communauté, ou de respecter l’univers des autres. Il est obligé de juger, de critiquer, de donner son avis. Et il est convaincu que ça intéresse, et que c’est le bon, forcément. Heureusement, tous ne sont pas comme ça et oui, ça va mieux. La différence devient « normale », car elle l’est. Etre différent, c’est normal. On apprend de mieux en mieux à vivre les uns à côté des autres. Mais il y a toujours cette peur qui est au fond de chacun, et quand les infos parlent d’attentats ou de terrorisme, la haine revient, alors que ça commençait à aller mieux, à se tasser. Les gens sont tellement influençables. Mais je me dis que pour penser à toi, l’exprimer, le revendiquer et passer à l’acte, c’est que déjà, y avait déjà quelque chose dans la tête de la personne au fond. Elle a pas attendu bfmtv pour se découvrir. Et c’est malheureux, parce que les gens qui sont avec toi sont incapables de faire la part des choses entre ceux qui pratiquent une religion dans leur coin, et ceux qui veulent juste foutre la merde et n’en ont rien à foutre de la religion. Ceux qui se cachent derrière ça pour tout faire péter. Bah non, c’est pas ça une religion, ça c’est des extrémistes. Les gens voient que ce qu’ils veulent voir et interprètent tout comme ça les arrange. Ça soulage tellement de déverser sa haine. Dans ce cas là, elle n’est pas justifiée, et c’est triste. Il ne faut pas globaliser des faits sur un peuple entier. Vivons simplement ensemble, respectons nous et acceptons nos différences. C’est ce qui fait la richesse de ce monde. Malheureusement, c’est aussi ce qui le divise, parce que l’homme choisit de faire comme ça. On est en 2019, et aujourd’hui, ça va un peu mieux. J’ai espoir que ça continue et qu’on puisse tous vivre les uns à côté des autres sans se dévisager. Et non les uns contre les autres.

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Destination : un monde parallèle nommé Télé shopping.

Bonjour, bonsoir, hiehifjjkleekek ! (« salut » en fourchelangue)

L’alerte connerie est déclenchée, la vigilance pirates des Caraibes a été lancé. Si vous retrouvez des neurones perdus un colis abandonné, veuillez le signaler à votre chef de gare – qui est probablement parti pisser/boire une bière/jouer à la belote. Mourrez paisiblement.  

Tous les matins, je me réveille (sinon, ça s’appelle mourir), tous les matins, je prends le même petit dèj, avec la même expression d’une rescapée de Koh Lanta ayant passé les 10 dernières années dans le jumanji à manger des cailloux épanouie. Du coup, j’allume la télé, histoire d’avoir un fond sonore (manger dans le silence est aussi oppressant que ta mère qui te regarde avec insistance sans que tu saches pourquoi. Vous savez de quoi je parle.) Et là, comme chaque matin, je tombe d’emblée sur le télé shopping, à croire que c’est mon destin, que la télé se pré programme sur le télé shopping pendant la nuit. En même temps, vous me direz : « tu peux changer de chaine », mais la vie n’est pas aussi simple Hervé. Je pars du principe que tout est lié au destin, et en vertu du théorème du python gore, il ne faut jamais fuir son destin. Harry Potter a dit de très belles choses à ce sujet.

Toujours en est il que ce monde, cet univers, cet environnement complètement loufoque, chelou et bien trop parfait pour être réel me fascine. Ces gens sont là, les dents blanches, avec un smile ultrabright over white dignes de la plus collector des pubs Colgate, et ils ont une pêche de OUF. Genre ils te vendent un hachoir à légume avec amour, avec passion, avec une implication humaine et émotionnelle telle que tu te dis que si jamais t’achètes une de leur babiole et qu tu la casses par après, bah jamais t’oserais les appeler pour leur dire, t’aurais trop peur qu’ils fassent une dépression.

Je sais pas si toi, jeune internaute de l’ordinateur que tu es, tes yeux s’égarent aussi parfois à leurs heures perdues devant cette effrayante chaleureuse émission quotidienne, et si oui, t’auras sans doute remarqué une chose : les gens qui  animent cette émission donnent tous l’impression d’être en plastique, genre dans une espèce de monde parallèle bien trop parfait pour être réel. Ma théorie est que le télé shopping est l’adaptation des Bisounours version humains, mais c’n’est qu’une hypothèse.

En fait, le télé shopping, c’est en plusieurs étapes : la présentation du produit, l’intervention de 376 spécialistes pour tester la résistance d’une poêle au chalumeau, au marteau piqueur, à la scie sauteuse, à une éventuelle guerre mondiale. Parmi ces spécialistes  là, nous trouverons un forgeron, le papa de Bob Bricoleur, un ancien caporal de l’armée de l’air et un rescapé d’Hunger games.

Et au bout de tout ça, vous obtenez le prix du produit, soit : 777 euros. Mais, comme le dit la douce madame à la voix sucrée,  ne paniquez pas, le tout est réglable en 4 fois sans frais ! Soit 3 mensualité de 3000 euros !

Félicitations, vous avez bien atterri à Télé Shopping, un monde parallèle plein de joie, mais qui laissera votre compte en banque sans espoir.