Chère Côte d’Azur,

Chère Côte d’Azur,

Y a un gros problème avec toi. Plusieurs, même. T’es comme les méchants qui sont attachants dans les films, je t’adore autant que je te déteste. En fait, t’as grave de points positifs autant que de négatifs. Quand je suis arrivée chez toi, j’étais refaite. Y a la mer, j’me suis dis que c’était classe, que c’était beau, que c’est un peu comme les US mais à la Française quoi, que tout était possible. Bah j’me suis bien trompée. Le délire c’est que t’es magnifique hein, vraiment, et c’est ce qui fait que c’est si dur de penser à te quitter. La promenade des anglais à Nice, le vieux Nice, la place Masséna, la place Garibaldi… Y a trop d’endroits plein de charmes ici qui font que je me sens bien avec toi. J’ai le feeling avec toi, ça c’est sur. Mais ouais, t’as trop de problèmes à côté de ça. Les gens chez toi sont hautains, et complètement fake. Ils ont peur les uns des autres, y a très peu d’ouverture d’esprit. Déjà, la région vote FN, donc c’est sur qu’on a une idée du tableau. Mais genre c’est un truc de fou. C’est genre LA région des apparences, où t’as l’impression qu’il y a, mais il y a pas, où t’as l’impression que y a pas, mais il y a. Enfin, t’as compris : t’es fake. En fait c’est un peu des épreuves du combattants pour s’en sortir ici. J’ai l’impression que tout est plus dur qu’ailleurs quand on est chez toi, et quand je parle avec des gens d’ailleurs, c’est plus une impression justement, ça devient la réalité. C’est genre le parcours du combattant pour arriver à obtenir un truc hyper facile ailleurs quand on est chez toi. C’est un truc de ouf, à ce point là je pensais pas. En fait t’es la région de l’exigence, mais genre à l’extrême. T’es la région de la galère, où limite on doit se prosterner devant les gens pour avoir quelque chose. Un pote me disait « bientôt pour pouvoir acheter une baguette faudra montrer son compte en banque pour prouver qu’on a de la thune ». On en est pas loin. Trouver un appart déjà c’est la galère. J’crois qu’avec Paris t’es vraiment le seul endroit où c’est autant casse couille de s’en sortir, parce que les gens sont casses couilles justement. Pour un appart, faut 3x le montant du loyer, maintenant ils prennent plus les garants très souvent, il faut pas être en période d’essai, blablabla… Déjà rien que le délire des 3x le montant du loyer c’est n’importe quoi. J’ai discuté y a quelques années avec une meuf d’une agence immobilière qui m’a dit qu’il y avait un commissaire de police qui louait un appart avec son agence, le mec gagnait 6000 balles par mois et il avait 6 mois de loyers en retard… Comme quoi ça veut putain de rien dire. Autant on peut être au chômage et gérer son loyer, autant on peut gagner un paquet de fric et le claquer ailleurs ou je sais pas quoi. Mais non, ici, y a pas de relation humaine, pas de feeling qui tienne. Les gens (suuuurtout les vieux) sont tellement psychorigides, arrêtés sur leur idée que « quelqu’un de bien gagne 3x le montant du loyer sinon c’est quelqu’un de pas bien », que si on les a pas les 3x le montant du loyer, ça raccroche au nez. Ça a le sens de l’hospitalité dans le sud, ça c’est clair. Il manque ça chez toi en fait, la chaleur humaine. C’est paradoxal parce qu’on est la région de France où on a le plus de soleil, mais les gens l’ont ni dans leur coeur ni dans leur tête le soleil, ça c’est sur. Tu vois, le délire de faire confiance à quelqu’un pour lui louer sans 1 million de garanties, ça existe presque pas ici. Et le taf, on en parle du taf ? Oui on va en parler. C’est genre hyper dur. D’une part parce que y en a presque pas, en dehors des trucs propres à ta région, des trucs style serveurs et torcher des vieux. Mais sinon, c’est vraiment la merde sans mauvais jeux de mots. On a des diplômes, des putains d’expériences, mais ça rappelle pas, et y a très, très peu d’annonces. Ça marche beaucoup au piston dans la région. Faut connaître les bonnes personnes. Mais le taf clairement c’est désespérant. Surtout quand on est amené à travailler en équipe, avec des gens qui ont la mentalité d’ici. Hautains, suffisants, hypocrites. C’est la mort, clairement. En fait, les loyers sont chers chez toi comparé à la plupart des endroits en France, le taf c’est une épreuve de malade, les gens sont cons… Alors qu’est ce qui reste ? Le fait de se dire que ouais, t’es magnifique. Mais t’es comme une belle meuf en couple, t’es inaccessible. T’es là, t’es à côté de nous, on te voit, on se dit qu’on serait bien avec toi, mais on peut pas te toucher, et on sent que y a pas moyen de ton côté non plus. Bah là c’est ça le délire. On est beaucoup à sentir que t’as rien à nous proposer, que t’es verrouillée de chez verrouillée, que y a 0 opportunités avec toi, et que personne nous aidera à en avoir ou à rendre les choses plus faciles. Ici, c’est tous pour un et Dieu pour tous. J’ai plein de potes qui t’abandonnent à cause de ça, parce qu’ils en ont marre de pas trouver de taf malgré leurs diplômes, de la mentalité de merde, des loyers trop chers… Moi je suis encore là dans tout ça et je tiens, parce que malgré tout je t’aime bien, mais je suis vraiment comme beaucoup de mes potes en ce moment. Je me dis « mais qu’est ce que je fous ici ». Dans la région de la galère, alors qu’ailleurs pour 300 euros de loyer en moins et les mêmes salaires qu’ici, on pourrait trouver un taf 10 fois plus facilement, parce qu’ici c’est la hauuute exigence tu comprends, c’est hyper sélectif (sur quels critères, on sait pas). Ici c’est infranchissable. Bah j’me dis qu’ailleurs c’est tellement plus accessible, parce que les gens déjà ouvrent les portes là où ici ils les ferment. Ils sont plus réceptifs ailleurs, dans le nord, ou même en dehors de la France dans beaucoup d’endroits. Limite les gens qui veulent travailler sont accueillis les bras ouverts. Ici si on a de la chance, on aura un smic à l’autre bout de la ville, dans une ambiance pétée (mentalité de la région). Alors ouais, je me dis que ça serait pas plus mal de t’abandonner, mais je vais m’accrocher encore un peu. Pour ta beauté, pour ton soleil qui me fait tellement de bien, pour notre appart que j’aime et qu’on aurait jamais, jamais eu si on gagnait pas 3x le montant du loyer et que même en gagnant 3x le montant du loyer on a failli pas l’avoir parce que oui, dans ta région, tout est tellement dur, et que même quand tu crois remplir les conditions bah ça reste quand même dur. J’aimerais juste sentir que pour une fois, t’enlèves les barrières, t’enlèves ce côté « tout est toujours compliqué ici » et que tu nous permettes à tous d’avoir accès à des trucs simples, des trucs normaux, avec une facilité normale, et pas qu’on se sente prit au piège avec toi. J’ai le droit de rêver, j’écris pour espérer que ça soit possible. Parce que tu sais, pour beaucoup, on t’aime, ça nous fait pas plaisir de te lâcher hein. Je pense pas avoir rencontré une personne qui se soit barrée de toi sans m’avoir dit « Nice c’est magnifique, mais ici je m’en sors pas, et les gens sont cons ». Alors oui, tu peux pas filtrer les cons (hélas), oui, des cons y en a partout, mais si tu savais comme c’est frustrant de se dire qu’on part d’un endroit parce qu’on sent qu’il veut pas de nous. On demande pas des trucs ouf : juste des trucs simples. Avoir des relations ici, c’est super dur, que ça soit amis ou amour. Sincère, hein, je parle. La sincérité est devenue inexistante ici. C’est la région des apparences après tout. Apporte nous plus de vrai, plus de sincérité, plus de simplicité. On a un besoin urgent de simplicité, de se sentir acceptés et de pouvoir se dire que t’es aussi belle que bien.

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Cher Netflix,

Cher Netflix,

 

C’est con mais je voyage un truc de ouf avec toi. Dès que j’ai envie de déconnecter, je te mets et je sais que je trouverai quelque chose qui va correspondre à mon humeur. Il y a vraiment de tout avec toi. Parfois t’es chiant parce que tu mets une plombe à mettre les nouvelles saisons des séries que je kiffe. T’as des défauts, genre il y a plein de séries, de films et d’animés cool que t’as pas. Mais bon, t’es tellement cool que c’est pas grave, je peux pas trop te le reprocher finalement. J’ai découvert tellement de trucs au top avec toi. En fait le truc c’est que y a grave de séries que je connaissais de nom, mais que j’avais jamais regardé. Mais quand je t’ai eu, j’ai commencer à explorer toutes les catégories, à lire les résumés de plein de trucs. Et ça donne grave envie de s’y mettre du coup. C’est comme ça que j’ai découvert ma série préférée par exemple, c’est grâce à toi ! Quand j’y pense, sans toi, je ne l’aurais peut être (sans doute) jamais regardé. The 100, quelle putain de découverte. J’aurais raté un putain de truc. Combien de gens ont découvert des bêtes de séries par hasard, parce qu’ils se faisaient chier et qu’ils se disaient « ouais ça a l’air pas ouf mais pourquoi pas » ? Beaucoup, beaucoup, beaucoup. Bah je faisais partie de ces gens là pour plein, plein, plein de séries. J’ai eu des super bonnes surprises avec toi, genre des surprises où je me suis pris des claques en mode « ça avait l’air pourri mais en fait c’est trop bien ! ». Y a aussi le contraire, des trucs qui avaient l’air cool mais qui au final étaient pourris. Ou alors, des séries que tout le monde regarde, et tout le monde lâche des « faut que tu regardes c’est trop génial », et en fait en regardant on aime pas du tout. Comme quoi, y a pas une série avec toi qui met tout le monde d’accord. C’est comme la musique ou les gens, chacun ses goûts après tout. J’dois avouer que t’es vachement créatif et productif c’est un truc de ouf. T’as sorti tellement de créations « originales Netflix » trop cool ! Rien que le nom déjà est trop cool. « Série originale Netflix ». Ça pète. Du coup t’as lancé des carrières, y a des acteurs qui explosent aujourd’hui grâce à toi. T’as créé des phénomènes dans le monde entier, genre Stranger Things. C’est juste ouf l’ampleur qu’a prit cette série, et c’est toi qui l’a créé. Bravo. T’es un peu le concentré de ce qui se fait le mieux en matière de séries et de films, et tu progresses de plus en plus dans ce sens même si je dois avouer qu’il y a encore quelques abonnés absents. Tu te diversifies de plus en plus aussi. Y a de plus en plus de documentaires ou d’émissions de vie pratique, genre Marie Kondo, celle qui explique comment être heureux en faisant le ménage. Qui aurait parié que ça intéresserait quelqu’un ? Et pourtant, ça a un succès fou. T’es surprenant, réconfortant, et tellement rassurant. La base en hiver c’est un petit plaid, un petit chocolat chaud, et se caler avec toi devant une petite série. Là on peut dire qu’on est bien. Déjà psychologiquement juste quand on entend le petit bruit quand tu te lances, c’est satisfaisant. Et puis y a ton graaaand logo rouge qui apparaît sur tout l’écran et on commence à sourire sans même s’en apercevoir. On se dit qu’on est en mode relax, tranquilles, et c’est tellement bon. Et puis juste socialement t’es un putain moyen de créer ou d’entretenir des liens. Genre t’es un peu le truc trop « IN » qu’il faut connaître pour s’intégrer. On a tous déjà lâché quand on sait plus trop quoi sortir à quelqu’un « tu regardes quoi en ce moment sur Netflix ? ». Déjà on part du principe que la personne te possède. Genre t’es incontournable. Et si elle répond qu’elle t’as pas, c’est le drame. OVNI, extraterrestre, mutant, trop de qualificatifs se bousculent dans nos têtes. Ouais, t’es un moyen de créer une connexion fluide avec les gens, genre ça fait déjà un point commun de t’avoir, de comparer ce qu’on regarde, ce qu’on aime, où on en est dans telle ou telle série. « Ah toi t’en est à la saison 7, putain j’en suis qu’à la 3, spoile pas », tout ça c’est la base. Déjà y a plusieurs teams, ceux qui écoutent les génériques jusqu’au bout et ceux qui sautent les intros. Y a deux qui regardent en VO et ceux qui regardent en VF. Et puis y a ceux qui ont un abonnement solo et ceux qui se font toujours sucer leur abonnement parce que y a 80 personnes qui essaient de se connecter sur un abo de 4 écrans. Ouais, tu divises mais tu réunis. Tu fais polémique mais tu fais débattre. Tout le monde a une façon différente de t’utiliser mais tu rends heureux. T’es genre une grande aventure, on sait que tu nous réserves toujours des surprises, on sait pas trop si elles sont bonnes ou mauvaises, on espère qu’elles seront bonnes ! On sait jamais ce qu’on va découvrir avec toi ! En fait on sait même pas ce qu’on attend de toi souvent. On sait même pas ce qu’on aimerait vraiment que tu nous apportes. Mais des fois t’arrives quand même à nous l’apporter, genre le truc qui colle 100 % avec nos goûts. Rien que pour ça je dis bravo. Y a aussi la déception de ouf, la tristesse de malade de se dire que ça sera la dernière saison, le dernier épisode. Et puis on attend quelques mois/années d’avoir un peu oublié la série pour se la retaper. On est tous pareils. Je dois dire que t’es riche en émotion, et heureusement que t’es là pour nous faire évader dans plein de mondes différents avec autant de facilité. C’est aussi ça qui est kiffant avec toi, t’es simple. Y a pas à télécharger, à se bouger le cul à mettre des DVD (ouais, on est tous des feignants). Le top c’est d’avoir le bouton Netflix direct sur la télécommande. Là, c’est lifegoal. Et à cette époque où tout est grave compliqué, long, stressant, je peux te dire qu’un truc simple, c’est nécessaire. C’est un peu une thérapie quoi. Et ça marche, ça soulage d’une journée de merde, ça détend, ça fait rêver, réfléchir, pleurer, rire. Et ça fait du bien.

 

Cher temps,

Cher temps,

On court après toi, toujours, tout le temps; on se demande si on arrivera à te rattraper, si tu vas pas nous bouffer, si tu seras pas trop court, trop long, si tu seras suffisant. Mais est ce qu’on pense simplement à juste profiter de toi, à réaliser que t’es là maintenant, tout de suite, qu’il y a une espèce d’urgence dans cette époque de merde où tout va trop vite et tout est trop dur de juste se dire « je profite ». Non, on est toujours pressés, on a toujours envie de te collectionner, de te gagner, on fait des stratégies de ouf pour ça. T’es une putain d’obsession ! Y a des gens qui avancent jamais à cause de toi, tu le sais ça ? Ils font des putains de blocages, ils se repassent en boucle le film de leur vie, avec 50 scénarios possibles. « Et si j’avais fait comme ça ? ». « Et si j’avais pas dis ça ? ». « Et si ça c’était passé autrement ? ». « Si seulement je pouvais remonter le temps. » « Si je pouvais tout recommencer, j’aurais jamais fait pareil ». Ouais, t’es un fantasme. On se dit qu’avec toi, y a un truc qui est fixé dans le présent, mais t’aurais pu t’écouler de 1000 façons différentes. Alors on imagine, et on se plait à rêver de « si on pouvait te maîtriser ». Mais c’est impossible. Donc ouais, t’es un fantasme, un peu comme un régime tu vois, le genre de truc qui obsède tellement les gens que ça leur bouffe la vie et qu’ils sont plus capable de penser à quoi que ce soit d’autre. Les gens au régime se disent que si ils avaient pas bouffé tel ou tel truc, ils auraient pas prit du poids. Ils font des projets de ouf, se disent que dans 6 mois, selon leurs prévisions, ça sera fini, qu’ils auront perdu leur poids en plus. Pendant tout ce temps là, ils ne penseront qu’à ça, à arriver à leur objectif au point que parfois ça leur bouffe la vie. Bah toi t’es ça, t’es un régime obsessionnel. On est toujours là à se demander si on a bien fait de t’utiliser pour tel ou tel truc, qu’on aurait peut être mieux fait de te consommer d’une façon différente. On a des regrets, et on se dit que plus tard, on va stabiliser le poids de notre vie avec toi. Un régime, un putain de régime. Et puis il y a ces croyances selon lesquelles tu serais un médicament, un espèce de remède contre tout. C’est assez incroyable je dois dire. On entend des trucs comme « tout passe avec le temps », « demain ça ira mieux », « laisse passer du temps ». On dit tellement de choses de toi, t’es un peu comme une légende, quelque chose qu’on imagine comme un « super truc ». C’est con mais tu me fais grave penser à la spiruline, genre « un super aliment », quelque chose de limite miraculeux. Quelque chose qui a le pouvoir de tout réparer. Je pense surtout qu’on se repose sur toi quand on est totalement désespéré et qu’on voit pas d’autres solutions. C’est vrai, c’est quand on sait plus quoi faire d’autres, qu’on a l’impression d’avoir tout fait, qu’on se réfugie dans le fameux « on verra avec le temps ». J’ai l’impression que c’est une espèce de fourre tout, genre le tiroir en bordel dans la commode de son salon que tout le monde a où y a tout et n’importe quoi dedans. On pourrait la ranger, on pourrait faire en sorte que ça soit plus clean et qu’on s’y retrouve, mais on a la flemme, et quelque part c’est réconfortant le bordel. On t’utilise par confort, par réconfort aussi, parce que c’est tellement plus facile moralement de garder espoir en se disant que tout n’est pas perdu plutôt que d’abandonner. Alors y a le fameux « on verra avec le temps » qui débarque, et on se dit que tout est encore possible, que c’est pas fini, qu’on a encore une chance, un jour, d’avoir ce qu’on veut. T’imagines moralement l’effet que ça aurait si t’étais pas là ? On serait détruit. Juste des trucs vides sans âme, résignés et abattus. Nan, heureusement que t’existes. C’est peut être vachement illusoire mais au moins tu nous donnes de l’espoir, et putain qu’on en a besoin. On a besoin de croire en quelque chose, et ce quelque chose c’est souvent toi. En soit t’es rien hein, mais justement, tu peux donner n’importe quoi, alors on imagine. Et c’est ça qui nous fait du bien, imaginer ce que tu peux nous apporter. Quand c’est la merde, quand on se dit qu’on va jamais s’en sortir, on se dit que t’es là, que tu peux tout faire changer du jour au lendemain, qu’il faut être patient. Y a les émotions aussi. Y a des fois où on a tellement mal qu’on croit qu’on va mourir, je parle des douleurs morales, de la peine, de quand on se fait plaquer, de la mort de quelqu’un, de choses qui nous brisent. Et on se dit que c’est la fin. Et toi t’es là et plus tu passes, plus tu apaises nos âmes. Ça marche pas pour tout le monde hein, et ça dépend des situations. Tout le monde réagit différemment à toi, c’est un peu comme un médicament encore une fois. Y en a qui vont sentir ton effet dans leur corps plus vite que d’autres. Y en a à qui tu vas pas faire d’effet. En tous cas t’es là, t’existes, et t’es une chance. Donc faut profiter de toi, ouais, se dire ici et maintenant que tu passes, que tu files même, c’est un truc de ouf. Hier j’étais en 4 ème, aujourd’hui j’ai 2 fois l’âge des 4 ème, c’est un truc de ouf. On aimerait tellement faire ce qui nous plaît tout le temps pendant que t’es là, que tu cours à toute allure, je te jure, mais c’est pas aussi facile. Alors on fait avec, on attend, on te voit passer pendant qu’on fait des trucs qu’on a pas forcément envie de faire, qu’on est dans des endroits où on a pas forcément envie d’être, qu’on est avec des gens qu’on a pas forcément envie de voir toute la journée, et on attend. On attend que tu sois là vraiment, pas juste que tu passes tu vois, que tu sois là. Et qu’on puisse vraiment profiter de toi, gratter chaque seconde de ces vrais moment que tu nous offre, ceux qu’on a vraiment envie de vivre tu vois, pas ceux qu’on est obligés de vivre pour gagner de la thune, ceux qu’on choisi vraiment. Etre avec les gens qu’on kiffe, sortir, s’éclater. C’est ça le vrai toi. Le reste c’est du temps perdu comme on dit. C’est tellement dur de choisir ce qu’on fait avec toi. On dit souvent « j’ai pas eu le temps ». La vérité c’est que souvent c’est plutôt « j’ai pas prit le temps ». Parce qu’on choisit comment on t’utilise, et on est obligé de prioriser, de faire des trucs qui nous plaisent moins, d’en reporter d’autres. Parfois y a trop de toi, parfois y en a pas assez. Parfois on se dit que c’est abusé, que y a des fois où on sait pas quoi faire pour te passer, et puis y en a d’autres où au contraire, on sait plus comment faire pour tout caser en tes petites 24 H par jour. C’est tellement ironique. Au fond, tu nous limite grave. T’es une putain d’entrave à notre liberté d’exister quand on y pense. On est dans une société que tu diriges. On est obligé de te tchéker tout le temps, de faire notre vie par rapport à toi, et ce H24. Parce qu’on doit aller au travail à telle heure, aller faire les courses avant telle heure parce que ça ferme, aller faire des papiers avant telle heure parce que ça ferme, se pointer chez les impots à l’ouverture parce qu’il y a moins de monde. Il faut te tcheker partout, tout le temps. En fait le roi du monde, c’est toi. Je dois avouer que je trouve cette idée un peu chiante, d’être obligée d’être totalement dépendant de quelque chose, mais bon, on a clairement pas le choix, parce que sans toi, on est perdus, on a plus de repère, carrément. Y a des gens qui vivent comme ça, sans toi, sans te tchéker un seul instant. Des marginaux, des civilisations, des peuples, des tribus. Au fond, je me dis que c’est peut être ça, la vraie liberté. Etre libre de toi. Le plus fou c’est de se dire qu’en fait, tu divises les gens partout dans le monde. Bah ouais, tu passes pareil, à 60 secondes par minute partout, mais il y a cette histoire de décalage horaire entre presque tous les pays. Ca peut être une heure, 5 H, 11 H… Ainsi, là où il fera jour, le soleil sera en train de se coucher dans un autre pays. A l’instant où on fête le nouvel an, qu’on est le 31/12 et qu’il est minuit, que tout le monde se souhaite la bonne année, il y a des pays qui sont en plein après midi. Qui sont dans le passé, quelque part. Selon comment on te programme, on est tous décalés. C’est fou quand on y pense. Tout ce que je sais c’est que tu passes vite, que faut profiter des gens qu’on aime, qu’on aimerait tous pouvoir t’utiliser H24 pour faire ce qu’on aime mais malheureusement c’est rarement le cas. Je peux te dire que si j’ai comprit une chose avec les années c’est que pour être heureux, il faut toujours se démerder pour te prendre et faire des trucs qu’on aime. Une vie passée à te laisser défiler dans du vent, à vivre par obligation, par devoir, sans jamais profiter de toi pour soi, c’est pas une vie. La vraie vie elle se prend, avec toi. C’est nécessaire, c’est même obligatoire. On est des humains, on est pas des machines juste faites pour travailler et dormir. Alors même si on a pas tous les mêmes chances, la même thune à la fin du mois etc, on existe, et c’est grâce à toi, à ce qu’on fait de toi qu’on peut dire « j’existe et je vis », pas « je survis ». En ce moment même, pendant que certains se demandent si ils te reverront demain, d’autres te trouvent trop long, d’autres se disent qu’ils aimeraient te remonter, d’autres sont en retard parce qu’ils te gèrent mal, d’autres se sont fait renversés par une voiture parce qu’ils étaient en retard et qu’ils courraient aveuglément pour te rattraper sans même penser une seule seconde qu’ils allaient te perdre à tout jamais, d’autres sont très en avance parce que tu leur fait peur, d’autres encore viennent à peine de te découvrir et de retourner leur sablier dans ce monde, d’autres viennent d’arriver au bout de leur sablier et ne te connaîtront plus jamais. Il faut profiter, tant que tu es là, même si on a du mal à te gérer, même si tu passes toujours trop vite quand il faut pas et hyper lentement quand on aurait besoin que tu passes vite. Même si on arrive pas à te comprendre, même si on sait pas ce que tu nous réserves et qu’on rêve tous de te remonter et de changer quelques trucs qu’on a fait dans nos vies, t’es là maintenant, tout de suite, et tu nous appartiens. A nous de faire en sorte que tu nous ressembles un maximum.

 

Chers réseaux sociaux

Chers réseaux sociaux,

 

Je suis de 1993. J’ai pas grandi avec vous, mais je vous ai découvert. J’étais émerveillée quand vous êtes arrivés, je me souviens. Je me disais que c’était génial, que j’allais me rapprocher de mes potes grâce à vous. Quelle erreur. On croyait que vous seriez la solution à la communication. Que vous alliez rapprocher les gens. C’est en fait tout le contraire. C’est ironique, n’est ce pas ? « Réseau social ». Tout est dans le nom. C’est censé lier les gens. Ça a tout pour nous plaire, au fond, quand on y pense. On partage nos photos, nos activités, ça nous permet de rester en contact avec les gens qu’on aime bien, de réagir aux publications. Si seulement c’était tout. Vous êtes un petit peu le cancer de la communication, et pourtant, on vous a créé pour l’établir. Ça aussi, c’est ironique, vous ne trouvez pas ? Les gens ont toujours été bourrés de complexes, peu importe les époques. Mais depuis que vous êtes arrivés, c’est l’explosion. Les idéalistes diront que vous êtes une fenêtre sur le monde, quelque chose qui nous permet de voyager à l’infini sans jamais bouger de notre canapé et qui nous permet de nous évader complètement. Mais la réalité est complètement différente. Plus brutale, plus sèche. Ainsi, les réalistes diront que même si l’usage qui est fait des réseaux sociaux n’est pas toujours bienveillant, il permet aux gens de se réunir. Et enfin, les pessimistes diront que c’est de la pure merde. Je suis mitigée, partagée entre tous ces points de vue. Au fond, je vous aime bien. Mais pourquoi ? Est ce que j’ai désespérément besoin d’exister à travers vous ? Est ce que j’ai peur de mourir aux yeux des gens que je connais si je ne suis pas visible à travers vous ? Est ce que j’ai peur qu’on m’oublie ? Le problème reste toujours le même : l’existence. Vous existez parce que putain, les gens ont cruellement besoin d’exister. Et grâce à vous, ils peuvent exister beaucoup, fort, souvent, en photo, en emoji, en texte, en vidéo. Ils peuvent exister souvent, ils peuvent exister en groupe, en couple, seuls; ils peuvent exister avec joie, avec rage, avec colère, avec tristesse. Ils ont besoin d’exister, et vous leur permettez ça là où ils ne se le permettent pas forcément, ou en tous cas pas comme ça « dans la vraie vie ». Hé oui, qui n’a pas déjà entendu cette expression ? « Les gens ils ont trop la confiance sur les réseaux, dans la vraie vie ils font pas les fous comme ça ». On a tous déjà pensé ça ou dit ça. Parce qu’on sait tous, quelque part, que vous n’êtes pas la vraie vie. Vous êtes quelque chose, auquel on a envie de croire, auquel on a envie de s’accrocher, dans lequel on se réfugie, parce que ça nous fait du bien, parce qu’on est seuls, parce qu’on a du mal à s’exprimer « dans la vraie vie » justement, parce qu’on a une audience qui nous écoute, qui nous entend, qu’on peut parler à plein de gens en même temps, et que ça nous met du baume au coeur. De se dire « on me voit ». On est dans une société où les gens sont en manque total de considération, sous tous les plans. Ils se sentent seuls même quand ils sont entourés, ils se sentent incompris même quand ils se confient à leurs proches. Ils se sentent toujours seuls. C’est là que vous intervenez, et que vous découvrez « les vrais visages ». « Les autres ». Il y a « les gens », et puis il y a « les autres ». On connaît tous cette personne qui dit rien dans la « vraie vie », qui a l’air d’être tout à fait dans un schéma classique. On la croise, tout va bien. On discute, on se dit à la prochaine, et ça s’arrête là. Et c’est là que vous intervenez. Que vous nous montrez « son vrai visage ». Des publications tristes, déprimantes, presque alarmantes. Un humour étrange, genre obsédé du cul. Des centaines de messages style « salut ça va » 10 fois par jour, « t’es bonne », « t’es charmante », du racisme. Des pensées suicidaires. Les détails d’une rupture. Hé oui, vous êtes ça. Vous êtes cet espèce de dévidoire dont les gens ont besoin pour s’alléger, parce qu’ils n’ont pas le courage ou l’envie de le faire « dans la vraie vie ». Vous êtes ça. Une illusion. On croit connaître les gens avec vous. On croit savoir ce qu’ils font, comment ils vivent, comment ils vont, si ils sont heureux, si ils sont tristes, si leur couple va bien, si ils passent de bonnes vacances, si ils ont de l’argent, si ils galèrent. On croit tout savoir, mais on se sait rien. On tend vers ça, vers une obsession malsaine de savoir ce que tout le monde fait. Si seulement ça s’arrêtait à ça. Hé non, et c’est ça le problème, ça ne s’arrête pas à ça. Avec vous, on juge la vie des autres. On se compare à eux, à ce qu’on voit, où plutôt, à ce qu’on croit voir. Ça créé des jalousies, et tellement de complexes. C’est un espèce de concours, mais personne ne le dit. C’est le concours de « qui aura le plus d’abonnés », ce qui voudra dire « qui sera le plus classe ». C’est le concours de « qui a la vie la plus stylée », ce qui voudra dire « qui affiche le plus ses sorties resto, ses sorties avec ses potes, ses sorties au ciné, dans les bars », bref, « qui sort le plus ». C’est le concours de « qui est le plus heureux avec sa meuf ». Mais avant tout, c’est le concours de « qui a le plus besoin de prouver des choses », « qui a le plus besoin d’être vu », « qui a le plus besoin d’être aimé » et « qui a le plus besoin d’exister ». Vous seriez étonnés de savoir à quel point vous êtes un mensonge. A quel point vous êtes le reflet de quelque chose qui n’existe pas, ou qui est modifié à tel point que ça ne ressemble plus du tout à la réalité. Photoshop. Encore une usine à complexes. Combien de gens se sont déjà fait la remarque « elle ressemble pas du tout à ses photos, c’est ouf ». Et pourquoi ça, pourquoi tout ça ? Pourquoi en faire des tonnes, pourquoi retoucher ses jambes, son ventre ? Parce qu’avec vous, on peut être qui on veut. On peut montrer l’image qu’on veut, on peut dire ce qu’on veut, on peut le dire comme on veut. Vous êtes un royaume qu’on construit et qu’on façonne librement. On se donne l’image qu’on veut. On est la personne qu’on aimerait être. C’est génial, n’est ce pas ? Hé bah pas tant que ça. Le problème, c’est que la plupart des gens se lâchent trop, justement. Ils se sentent tellement soulagés de pouvoir exprimer sur internet ce qu’ils n’arrivent pas à exprimer « dans la vraie vie », que ça devient n’importe quoi. Les haters, ça vous dit quelque chose ? C’est un concept que vous avez créé. Des gens qui se défoulent derrière un clavier. Qui insultent, qui clashent pour rien, qui tiennent des propos homophobes, antisémistes, islamophobes, xénophobes tout court, et j’en passe. Qui insultent les gens gratuitement, sans aucune retenues. Twitter est le champion pour ça. Vous êtes la preuve que cette société va mal. C’est effrayant quand on y pense. Sarah, qu’on connaît si bien, ou qu’on croit connaître si bien. Sarah si gentille, si réservée, toujours si polie. Et Sarah qu’on ajoute sur Facebook, et qu’on découvre autrement, qu’on découvre vraiment. Sarah qui vomit sa haine, qui clashe des inconnus sur les pages et sur les groupes. Sarah aigrie et frustrée. Sarah qui pourtant avait tout pour plaire. On ne connaît jamais vraiment les gens, jamais, mais vous êtes la preuve absolue de ça, du fait qu’on croit contrôler mais qu’on ne contrôle rien, du fait qu’on a désespérément besoin d’être remarqué, du fait que ce que les gens montrent n’est pas du tout le reflet de ce qu’il se passe dans leur tête, du fait que ce qu’il se passe dans leur tête est vraiment, réellement, incroyablement inquiétant pour beaucoup. On vit dans un monde peuplé de faux semblants, où les 3/4 des gens à qui on fait la bise en se disant « il est sympa » sont des psychopathes, des sociopathes, des extrémistes, des harceleurs, voilà la réalité. Il y a aussi le harcèlement, justement, j’en ai pas parlé. Vous savez que vous conduisez des gens, des jeunes, au suicide ? Vous savez que les gens se servent de vous pour faire du mal ? Pour vraiment faire du mal. Persécuter, harceler. Détruire. Il y a des tas d’histoires de jeunes qui se sont tellement fait harceler sur facebook qu’ils se sont pendus. Il n’y a pas d’âge pour être mauvais encore une fois, et vous réveillez ce qu’il y a de pire chez les gens, chez les jeunes, parce qu’avec vous ils se sentent libres, ils se disent qu’ils peuvent tout faire, qu’il y a personne pour leur répondre en face, que ça existe pas vraiment, qu’ils ont le contrôle, qu’il suffit de fermer l’appli et hop, y a plus rien. Mais il y a rien de plus réel, de plus blessant et de plus vrai que ce qu’ils font, pourtant. Alors oui, des insultes en commentaires sur une photo, ça touche. Un « t’es moche », « t’es grosse », « t’as une sale tête », ça parait con, mais ça détruit. Il y a une urgence de réfléchir à ce qu’on fait, de réfléchir à ce qu’on dit. Tout a des conséquences.

Il y a cette vidéo d’Omar Sy que j’aimerais vous faire partager, et qui résume un peu tout, en 1 minute 32. 

Cher monde du travail,

Cher monde du travail,

Je viens de capter que j’avais encore jamais écris sur toi, ce qui pourtant est miraculeux. Je pense tellement de choses de toi, j’ai tellement à dire que je comprends pas pourquoi j’en ai pas parlé plus tôt, en premier limite même dans les textes que j’ai écris, mais soit. Je sais même pas par où commencer tellement je sens plein de choses bouillir en moi quand j’y pense. On a tous connu cette sensation d’être devant quelqu’un qu’on kiffe, d’avoir envie de lui raconter sa vie entière, mais que y a rien qui sort. Vous voyez de quoi je veux parler ? Bah là c’est pareil, sauf que je kiffe pas du tout. En fait depuis que je te connais, c’est la merde. Après je me plains pas, ou pas trop, j’ai un beau CV, j’ai toujours réussi à rebondir quand il le fallait, et surtout j’ai fait de belles rencontres grâce à toi. Mais quel putain de poison tu es. Je saurais même pas te dire une expérience que j’ai faite avec toi où ça s’est bien passé, parce que y en a pas. Je tombe toujours dans des endroits avec une ambiance de merde, des responsables tyranniques, et forcément un salaire de merde et 150 responsabilités qui vont avec sinon c’est pas drôle. Alors j’ai peut être pas de chance tu vas me dire, peut être que la roue va tourner un jour, mais honnêtement j’y crois plus. Je pense que je suis pas toute seule à plus y croire d’ailleurs. A enchaîner les jobs de merde, parce qu’on a pas eu la chance de pouvoir faire des études ou de rencontrer les bonnes personnes qui nous ouvrent les bonnes portes. Alors on fait ce qu’on peut et on prend ce qu’on trouve pour bouffer. Y en a qui ont la chance de vivre de leur passion ou de faire quelque chose qu’ils kiffent vraiment, et c’est génial, qui n’en rêve pas ? Mais voilà, pour ça il faut déjà savoir ce qu’on veut faire, puis avoir la thune pour se lancer dedans, grâce aux parents souvent. Bah quand on a pas tout ça, on vit par défaut. En fait tu fais du mal autour de toi. Y a vraiment un sacré problème. Les patrons d’aujourd’hui sont pour la plupart des connards, c’est pas un secret. Mais pourquoi ? Parce que tu leur monte à la tête. « Y a plus de taf, le monde du travail va mal ». Pour un taf de merde avec un salaire de merde, y a 200 CV sur un poste. Le patron il se dit quoi ? « De toute façon je trouverais toujours un con pour faire mon taf de merde ». Je vois des annonces mais c’est hallucinant. J’ai été responsable dans le commerce, pour que tu comprennes. C’est un métier hyper ingrat, parce que tu dois gérer le pire : les gens, les émotions des gens, et avoir un oeil sur tout pour que ça fonctionne bien, et que pour tout ce que t’as à faire, la prise de tête que c’est, c’est tellement mal payé. Bah quand je regardes les offres de responsable, j’hallucine. On m’appelle pour être directrice adjointe dans un énorme magasin de déco pour 1700 euros bruts. En net ça fait 1300 à peu près. C’est une blague. Cette semaine je vois une annonce pour être responsable adjointe d’un autre magasin de déco (décidément), 1635 euros bruts. Vers 1250 nets. Je pense qu’il y a un vrai problème. Et évidemment pour ce genre de taf, il faut des expériences de plusieurs années et des compétences. Souvent, pour des postes à responsabilités, j’ai passé 4, 5 entretiens avant d’être validée. On en est là, un putain de parcours du combattant, où tu dois galérer à mort pour être sous payé dans un truc qui te demandera un investissement x10000. On peut aussi parler de la reconnaissance. Je vais te dire ce qui cloche chez toi, pourquoi les gens en ont marre, pourquoi ça tourne pas et qu’aujourd’hui les gens sont malheureux de travailler. Ils sont pas reconnus, ils sont pas valorisés alors qu’ils taffent comme des merdes, pour être payé une merde, pour des patrons de merde qui les respectent même pas et qui croient avoir le droit de vie ou de mort sur les gens parce que « le monde du travail va mal et que si t’es pas content tu dégages, j’ai une pile de CV ». Les gens sont fatigués mais ils le font quand même, parce qu’ils ont pas le choix. J’entends toujours qu’on a toujours le choix dans la vie mais c’est faux. On a le choix de galérer, on a le choix de claquer la porte à la gueule de quelqu’un qui ne nous respecte pas, on a le droit de vouloir être payé à sa juste valeur, on a le droit de vouloir trouver un taf qui nous corresponde un minimum et qui soit pas à 3 H de chez nous. Mais y en a pas, ou alors on est des millions de poisseux à subir un quotidien morbide au travail en France. A supporter de perdre son temps pour un salaire ridicule. Mais on a pas le choix que d’avoir de l’argent qui rentre. Et y a les rêveurs, dont je faisais partie. J’ai commencé des études avec un rêve, mais j’ai du les arrêter pour bosser. Et quand je vois maintenant tous mes potes de promo qui ont eu leur master 2 et qui font des trucs qui ont juste rien à voir, ou qui trouvent rien, je me dis que c’est chaud, c’est très chaud. Clairement, j’avais lu une phrase style « tu peux être n’importe qui, avoir fait 0 études, avoir jamais taffé, si tu rencontres la bonne personne qui t’ouvres la bonne porte, tu peux faire n’importe quoi ». Je suis d’accord à 3000 % avec ça, et c’est comme ça, chacun sa chance. Clairement je te déteste, parce que tu brides les gens, ce qu’ils peuvent faire, leur potentiel, parce que tu les obliges à s’enterrer dans des trucs tellement tristes. Alors oui, on est fatigués, les travailleurs sont fatigués de juste être des travailleurs, de passer leur vie au taf pour avoir juste de quoi payer leur loyer et faire les courses, tout ça pour qu’1 français sur 4 soit dans le rouge à la fin du mois. Les travailleurs veulent être des kiffeurs, ils veulent kiffer avec leur argent, ils veulent arrêter de compter ce qu’ils font, ils veulent arrêter d’avoir des budgets pour au final être dans le rouge quand même, ils veulent aller en vacances, se faire plaisir. On est des personnes, on est pas juste des travailleurs destinés à faire rentrer de la thune elle même juste destinée à rentrer aux impôts, pour le loyer et les factures. On veut être des kiffeurs, pas juste des survivants.

Chers jeux vidéos

Chers jeux vidéos,

D’autant que je me souvienne, tu m’as toujours fasciné. Quand j’avais 6 ans, je voyais tout le monde avec la game boy, la toute première, celle sans couleurs, avec l’image toute pixelisée et l’écran même pas éclairé. C’était pas ouf quand on y pense, quand on pense à ce qui se fait maintenant, mais à l’époque, c’était tellement un truc de fou. Je voyais tout le monde jouer à Pokémon, c’était dingue. Je l’ai pas eu la première game boy, ni la deuxième, la game boy color. J’étais à fond dans les cartes Pokémon à l’époque, et il faut dire que tu m’intriguais plus que tu ne m’intéressais. Les seules fois où je m’éclatais avec toi, c’était quand la voisine me gardait quand ma mère avait des trucs à faire. Je jouais avec toi sur la PS1, à Tarzan, je me souviens très bien ! C’était vraiment cool, je passais un super moment, mais j’étais quand même heureuse de te quitter pour retrouver mes crayons, mes feuilles et dessiner. Ouais, tu m’as jamais attiré plus que ça au début, en fait. Ça, c’est venu après. J’avais 8 ans, je venais d’arriver dans ma nouvelle école, en CE2, et des fois, je restais à la cantine quand ma mère était pas à la maison. J’étais dégoûtée à mort parce que je ratais midi les zouzous, mais en même temps j’étais hyper heureuse parce que je pouvais aller à l’atelier informatique. En fait il y avait une surveillante qui venait chercher les volontaires pour aller jouer dans la salle des pc, mais comme y avait beaucoup de volontaires souvent, et que je me pointais tous les jours, bah des fois elle me choisissait pas et ça me brisait le coeur. Parce que dans cette salle informatique, dans le pc que je prenais toujours, dans ma session, il y avait ma partie de frogger 2. C’est un jeu de plateforme avec une petite grenouille et y a plusieurs mondes : un laboratoire, un lac, une maison hantée… C’était mon niveau préféré. Ce jeu m’a tellement marqué que je me suis démerdée pour l’installer sur le pc avec lequel j’écris ces lignes là maintenant. J’ai commencé à y jouer un petit peu, et putain quelle émotion ! Ouais, faut dire que je suis très attachée à mes souvenirs, et que les jeux vidéos nous en laissent de beaux. Quelques années plus tard, la game boy advance est sortie, puis la game boy advance sp dans la foulée. En fait, c’était ma soeur qui la voulait, à la base, moi ça m’intéressait toujours pas plus que ça. Alors ma mère lui en a acheté une rose, et rien pour moi, vu que je m’en foutais de toi à ce moment là. Puis j’ai vu ma soeur jouer, à Hamtaro. Elle avait que 3 jeux en fait, mais elle y jouait tout le temps. Je la regardais jouer, j’entendais les musiques, je voyais les histoires qu’elle faisait, les aventures des hamsters dans le  royaume des arc en ciel, les ham ham aux jeux olympiques, le combat des ham ham contre le grand méchant Zizanie qui brise les couples, et j’étais un peu jalouse je dois dire. De temps en temps, j’essayais de gratter auprès de ma soeur qu’elle me prête sa console pour que je puisse y jouer un peu, mais évidemment elle m’envoyais chier à chaque fois. Pour éviter des guerres mondiales, ma mère m’en a du coup acheté une, couleur bleu arctique, je m’en rappelle bien ! Elle était grave stylée ! Et je pense que c’est comme ça qu’une longue histoire d’amour a commencé entre nous ! Ma soeur ayant fini ses parties, j’ai joué aux 3 jeux hamtaro, c’était mes 3 vrais premiers jeux, et ouais, même si ça peut faire rire et paraître débile, bah c’était génial ! Ces jeux étaient trop cool et en vrai c’est con mais j’aimerais bien dégoter une game boy advance sp bleu arctique et ces 3 jeux pour le kiff d’y rejouer. J’ai joué à Yu gi oh aussi dessus, et aussi à Pokémon Saphir ! Et puis le délire de la grosse cartouche, ça aussi c’était trop stylé ! Fallait souffler dessus sinon ça marchait pas, rhalala, que de souvenirs. On a commencé comme ça toi et moi, puis c’est monté petit à petit. Y a eu la nintendo DS, et là ça a été l’explosion. Tu m’as balancé Phoenix Wright, mon jeu préféré maintenant, et de loin ! Et puis tellement d’autres. Y a eu animal crossing aussi que j’ai découvert dessus, et qui a valu à ma soeur comme à beaucoup d’enfants une grosse addiction ! Faut dire que c’était l’arrivée du tactile à l’époque, que ça soit sur console ou sur téléphone, et ça aussi c’était ouf ! Les Playstation de Sony se sont succédées, et aujourd’hui on attend la ps5. Hé ouais, déjà . On a des technologies de ouf, style des casques de réalité virtuelles et des capteurs de mouvement pour jouer à des jeux de sport ou de danse et des accessoires liés aux consoles genre un volant pour les jeux de voiture, c’est juste ouf tout ce qu’on peut faire ! La qualité d’image est de mieux en mieux, limite dans les graphismes, on dirait qu’on est devant un film ! Il y a tellement de supports différents quand on y pense. Le téléphone maintenant c’est devenu une console à part entière, c’est vrai. La plupart des jeux connus sont dispo en version android et ios. Le succès de Pokémon Go par exemple, c’est un truc de fou ! Là on est vraiment dans un truc qui accompagne les gens de A à Z dans leur quotidien, c’est dingue quand on y pense. Les gens sont prêts à payer pour des extensions dans leurs jeux, pour débloquer des persos ou des accessoires, ils sont à fond, et ça fait du bien de trouver un peu de rêve à cette époque où tout est tellement sérieux. Le truc fou quand on y pense c’est que tu parles à tout le monde en fait. Tu parles à ceux qui veulent réfléchir, à ceux qui veulent de l’action et de l’aventure, à ceux qui veulent des trucs mignons, à ceux qui veulent du sport, ‘fin y a tellement d’univers ! Ouais, perso, j’ai toujours été team Nintendo, et puis il y a eu un remake de crash brandicoot et de ratchet and clank, alors on a prit la Play, vu que c’était les jeux d’enfance d’Elo. Puis en farfouillant sur les jeux les mieux notés par les gamers, j’suis tombée sur Life is strange, et là j’ai comprit pourquoi j’allais aimer la play réellement. J’pense que sur chaque console, que ça soit les anciennes Attari ou celles de maintenant, il y a un jeu qui est la pépite de quelqu’un, qui a remplit sa tête de beaux souvenirs et qui a fait qu’il était l’enfant d’hier et qu’il est maintenant l’enfant d’aujourd’hui. C’est ça ta beauté, c’est préserver et réveiller notre part d’innocence.

Cher humour,

Cher humour,

On a besoin de toi dans le monde, oh que oui ! On a besoin de toi parce que tout part en couilles : les guerres, les maladies, j’vais pas te faire un dessin plus long, tu connais l’idée. On a besoin de toi parce que tu permets de dédramatiser tout ce qui part en couille justement dans notre monde si imparfait et si bizarre, que tu permets de nous apporter un peu de lumière dans un monde d’ombres, de peurs, d’ennui, d’incertitudes, où on a peur de l’avenir, de si on aura un avenir déjà, où on repense sans cesse au passé et où on est pas forcément satisfait de son présent. Ouais, l’espace d’un instant, toi t’es là et tu nous fais rire, et putain que c’est bon. On oublie tout, on se déconnecte, on est juste avec toi, on t’écoutes, on oublie les problèmes qui pour la plupart n’en sont pas mais on en fait des montagnes, juste on est là, avec toi et on se laisse porter, on se laisse aller à sourire, à rire en toute liberté, on est complètement décomplexés et ça fait du bien, juste ça. Alors, est ce qu’on peut vraiment rire de tout, c’est la grande question. Hé bah moi je vais te lâcher un gros « non » à cette question. Oui parce que tu sais bien, y a des gens, genre Dieudonné qui t’utilisent pour propager des pensées antisémites, ils se servent de toi, ils se cachent derrière toi pour lâcher un vieux « c’était pour rire ! ». Mais non, c’est trop facile. Moi j’y crois pas à ça, je crois pas qu’on puisse rire de ce qu’il s’est passé en 39-45, je crois pas qu’on puisse rire de ce qu’il s’est passé à Nice le 14 Juillet 2016, je pense pas qu’on puisse rire des attentats Charlie Hebdo, je pense pas qu’on puisse rire de ce genre de drames en fait. Alors oui bien sur c’est toujours pareil, y a l’art et la manière de t’utiliser hein. On est en démocratie, y a la liberté d’expression, on est d’accord, t’es pas là pour nous lâcher des vieilles blagues de Toto toutes pourries. Mais y a un minimum de respect et de subtilité à avoir pour des choses aussi graves tu vois, genre lâcher « les juifs dans le four faut les retourner à mi cuisson » en fait c’est pas drôle, y a pas de chute, y a pas de but, y a pas de blague en fait, c’est nul. Donc ouais, à partir du moment où c’est pas drôle et que c’est gratuit j’estime qu’on parle plus de toi mais d’incitation à la haine, avec des pensées perso. Et c’est dangereux tu vois, parce que Dieu sait combien il y a de racistes dans ce pays, et Dieu sait combien les gens qui t’utilisent, qui te chantent, ou plutôt qui te vomissent dans le cas précis, bah ces gens là sont écoutés, ils ont un public, c’est un peu des leaders d’opinion tu comprends. Donc tu te rends compte l’impact que ça a des histoires comme ça sur des gens influençables ? Publiquement lâcher des trucs racistes devant une salle remplie ou sur les réseaux sociaux, ça a des conséquences, et les gens qui te pratiquent sont censés réfléchir et mesurer les conséquences, parce que ça en a. Ces gens là sont suivis, écoutés, ils ont des fans qui leur font confiance. C’est grave. Bon après les gens sont censés pas être cons et avoir leur libre arbitre aussi, ça c’est un autre débat. Heureusement, y en a qui t’utilisent très bien et qui eux, font vraiment du bien au coeur. Il y en a un tas, et il y en a des nouveaux qui débarquent chaque année, c’est vraiment ouf de se dire qu’on a pas fini de rigoler si on voit ça sous cet oeil et rien que cette idée, bah elle fait du bien. On est tous fatigués par nos factures, par notre taf, par nos embrouilles du quotidien, par le quotidien d’ailleurs, et puis il suffit d’un petit moment de blague, de déconne entre potes, ou même aller à un spectacle ou en regarder un à la télé, et on va se coucher avec le sourire en oubliant tout ça. Il suffit d’un rien en fait, mais ce rien là, bah on en a besoin. C’est nécessaire. On doit prendre du temps pour nous, pour se détendre, sinon on va tous se transformer en énorme boule de stress et exploser sérieux. On est fatigués, et on a besoin de légèreté, mais de vérités aussi, parce que sous couverts de conneries les gens qui te pratiquent ils disent pas des trucs cons hein, loin de là. Ils utilisent toujours la réalité, la vérité, ils s’en inspirent et ils tournent ça au ridicule. Ils prennent, je sais pas, des situations du quotidien, des moments de la vie de tous les jours où en plus on se reconnaît totalement, et on se fout de notre propre gueule du coup, et limite ça c’est la meilleure forme de toi, celle qui nous amène à être dans l’auto dérision, et ça aussi on en a besoin. En vrai, y a rien de plus marrant que de rigoler de soi, et on a atteint le sommet dans le lâcher prise quand on y arrive. Enfin voilà, tu fais du bien, tu l’auras comprit. Tu fais tellement de bien que maintenant bah y a de plus en plus de gens qui t’adoptent, pour désamorcer une situation genre pendant une embrouille ou quoi. T’as ce don là de faire redescendre les gens, parce que ouais, même quand on est énervé, face à une connerie bien dosée, bah on est obligé de rigoler et de laisser notre rancoeur de côté. T’es un peu magique dans ton genre. Et réalise ce que t’arrives à faire quand même. Des gens arrivent à vivre grâce à toi, grâce au simple pouvoir de faire rire. C’est à dire qu’il y a des gens qui analysent la vie, ils la tournent au ridicule, et ils la balancent à nous, gens fatigués que nous sommes, pour nous remplir de joie et d’espoir, et même parfois, souvent, nous faire réfléchir, nous émouvoir, nous faire nous dire « putain il a raison, c’est trop ça ». Ces gens là sont payés à nous vendre du rêve, grâce à toi. Ils rendent heureux des gens et voilà, c’est leur métier. Rien que l’idée, je trouve ça génial. On a un besoin urgent de ça dans le monde, et surtout dans ce pays tellement négatif, et qui nous conditionne tous à l’être encore plus. On a terriblement besoin de lâcher prise et de se taper une barre un bon coup, et de se décoincer pour beaucoup. Je milite pour remplacer le 20 H déprimant par des sketchs, ça nous soignerait tous au lieu de mettre de l’huile sur le feu de nos âmes déjà blessées.