Cher futur

Cher futur,

 

Je t’écris aujourd’hui la tête pleine de rêves, je t’écris aujourd’hui pour te dire que j’attends que tout soit mieux avec toi, je t’écris pour te dire que je t’attends. On s’est tous déjà dis « ça ira mieux ». On parle de toi, parce qu’on sait que maintenant c’est la merde, et on se dit que tu nous sauveras. C’est le seul espoir qu’il nous reste alors on s’y accroche. Mais au fond on en sait rien. On a peur de toi autant qu’on t’attend, c’est super bizarre. Déjà à la base en 2000 on imaginait tous que 15 ans plus tard, toi ça serait les voitures volantes, les gens qui savent voler, les robots humains. La vérité c’est que t’es grave décevant. Alors on est là comme des cons et on continue à croire que tu vas tout changer, que tu vas nous apporter les réponses à nos questions, que tout ira mieux grâce à toi, qu’il va se passer un truc, on sait pas quoi, qui va tout changer. Et ça on se dit que y a que toi qui peut l’apporter. Alors on attend. On attend pendant un présent qui se transforme en passé et qui au final devient toi. Tu te rends compte l’ironie du truc ? La vérité c’est que t’es le refuge de tout le monde. Quand on a peur de quelque chose, quand on sait pas comment faire, quand on a mal, quand on est perdu, on parle au futur. On se dit que d’ici là ça aura changé. « Avec le temps ». Tu nous rassures, on se dit qu’on a une porte de sortie avec toi, que tout n’est pas perdu. C’est un mensonge. Mais l’Homme est comme ça, il se ment à lui même parce que c’est plus confortable, parce que ça fait moins peur que d’accepter la vérité, la vérité qui dit « demain ça sera pareil, arrête de déconner, tu fais que reporter l’échéance ». Mais c’est humain et ça nous fait du bien putain. Grâce à toi on a l’esprit plus léger, t’es comme une partie de notre cerveau où on fout tout ce qu’on a pas envie de gérer tout de suite et pour s’alléger on se dit « je le ferai demain ». Tu nous permets de reporter nos responsabilités, nos devoirs, nos obligations. Avec toi on a le choix, et crois moi, tu nous évites d’exploser plus d’une fois. Je sais pas, je me dis que tu nous pousses à nous mentir à nous même au fond, à repousser les trucs qu’on doit de toute façon régler. Est ce qu’il vaudrait mieux pas affronter direct nos problèmes que de les reporter ? Ouais, je te jure, je suis pas sure que tu nous fasses du bien. En fait, peu importe comment on t’utilises, tu représentes la fuite, la fuite de quelque chose qu’on arrive pas à avoir maintenant, à affronter maintenant, dans ce présent qui nous emmerde, et la seule réponse qu’on a c’est toi. Le seul espoir qu’on a c’est toi. La seule solution qu’on a c’est toi. On se repose trop sur toi c’est un truc de fou. C’est hyper dangereux et tellement incertain. Mais c’est un risque qu’on est prêts à prendre, parce qu’au fond, on a rien à perdre. Le seul truc qui fait vraiment du bien avec toi c’est de t’imaginer, de se dire à quoi tu pourrais ressembler dans 15 ou 20 ans. Est ce qu’on aura réalisé nos rêves ? Est ce que ce monde arrêtera de partir en couille ? On se pose, on réfléchit, et on t’imagines. C’est ça aussi qui nous donne la force de tenir dans ce présent, c’est de nous dire que ça sera pas toujours comme ça. Que quelque chose de meilleur est possible. Alors on est pas cons, on se doute que dans 50 ans, les licornes auront pas envahis le monde et qu’on aura toujours pas nos lettres d’admission à Poudlard, mais on rêve, et putain ça fait du bien. C’est un peu tout ce qu’il nous reste en fait dans ce monde bien trop carré. L’évasion. Et avec toi on s’évade, parce que t’existes pas en fait. Pour l’instant t’es rien, donc clairement tu peux être n’importe quoi. Alors ouais, on t’imagines comme on aimerait que tu sois, et on se dit que ouais, vu que t’existes pas, bah ça peut carrément être possible. Ça fait du bien d’y croire, et on a même pas besoin clairement que ça se fasse ou quoi tout ce qu’on imagine. Juste de l’imaginer et d’y croire déjà ça donne une force pas possible. On fait des projets avec toi, on s’imagine avec toi, on se demande ce que tu vas faire de nous, on a peur de ce que tu nous réserves. Quand on commence un nouveau taf ou qu’on emménage dans une nouvelle ville, on se demande ce que tu nous réserves, quand on part en voyage, on se demande ce que tu nous réserve, quand on se lance dans une nouvelle relation, on se demande ce que tu nous réserves. On dit que la vie est pleine de surprises mais clairement c’est grâce à toi. Je me suis souvent demandé si jamais j’avais la possibilité de voir ma vie dans 10 ans, où j’en suis niveau love, niveau taf, niveau ville etc, est ce que je le voudrais. Je pense qu’on est tous un peu pareil sur la question. Y a une partie de moi qui est grave curieuse et y a une partie de moi qui a grave peur et qui lâche un « non » catégorique. Parce que clairement la magie de la vie c’est qu’on sait pas. On sait rien, on enfile les jours et on voit. Si on sait ce qu’il va se passer d’avance, il y a plus de magie. C’est comme un film, tu mates le début, tu zappes tout le film et tu passes cash à la fin. Ça marche pas, et t’es super frustré de pas savoir ce qu’il s’est passé entre temps, comment la fin est devenue la fin, comme on en est arrivé là etc. Et puis je pense que si on sait comment un truc est censé se passer, inconsciemment on fait en sorte que ça se passe. Ça aussi, je pense que c’est humain. On est complexes, on est impatients, on est curieux, mais surtout, tu nous fascines. On pense à toi tout le temps, à s’en prendre la tête, à se rendre malade, à essayer de te prévoir, à faire des plannings, à prendre des rendez vous. Mais la vérité c’est que t’es hyper imprévisible, que tu fais que ce que tu veux. Que c’est ça ta beauté, qu’on peut pas te prévoir, que tu nous surprendras toujours. Au fond, t’es une chance. T’es une chance pour ceux qui peuvent t’imaginer, pendant que d’autres savent que t’existeras pas pour eux. Qu’ils sont condamnés à vivre 5 ans, 1 an, parfois moins. Donc peu importe ce que tu nous réserves, c’est déjà une chance de savoir que tu es là, que tu seras là. Et nous aussi on est là, et on pense à toi. On attends des réponses de ta part, parce qu’on est perdus, parce qu’on est seuls, parce qu’on est en plein doutes, parce que la vie elle même est un doute, parce qu’on a besoin de croire en quelque chose et de se dire « putain le monde n’est pas figé ».

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Chère époque

Chère époque,

On dit que tu pars en couille, que c’était mieux avant, que tu régresses. On se pose plein de questions à ton sujet, on se demande si on va s’en sortir avec toi, on se dit qu’on a pas de chance de te connaître et de pas avoir été nés il y a 30 ans. On se dit qu’avant c’était forcément mieux, que les salaires étaient plus élevés, qu’avant il y avait du taf, qu’avant les loyers étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui, qu’avant les gens avaient pas peur les uns des autres comme aujourd’hui, qu’avant les gens étaient beaux, ils étaient classes, ils étaient respectueux. On rêve d’avant et on se dit qu’on est pas gâtés avec toi, ah ça non. Mais en même temps on oublie parfois qu’on a la chance de vivre, peu importe à quelle année on tombe. Juste de vivre. Mais bon, c’est bien beau de relativiser, oui, tu pars sacrément en couille quand même. Et oui, on a pas de chance d’être tombés sur toi. Ou plutôt, tu nous simplifie pas la tâche. On doit se battre 3x plus que nos ainés pour obtenir la même chose. Aujourd’hui il y a des règles de partout, tout est structuré, il y a des procédures de partout, et tellement d’exigences. Tout est tellement difficile. Avant, le taf, c’était par bouche à oreille. Y avait des petites entreprises, c’était convivial, c’était chaleureux. Maintenant, on postule en ligne de partout et on espère être rappelé. Souvent, y a 0 réponse. On tombe dans des grandes entreprises qui nous parlent de productivité, toujours plus, où parfois les employés se connaissent même pas tellement il y en a. C’est tellement impersonnel. Ça manque tellement de charme par rapport à avant, cet avant que j’imagine tellement authentique. Ouais, je suis nostalgique de quelque chose que j’ai jamais connu. C’était différent, ça c’est sur. Aujourd’hui, les gens ont peur les uns des autres, ils se regardent à peine. A l’ancienne, les gens pouvaient sonner chez leur voisin pour demander un truc, il y avait cette espèce de proximité, ce charme de l’ancien temps. Mais c’est clairement l’ancien temps car maintenant, c’est à peine si on se dit bonjour entre voisins. Avec le temps, la politesse, l’entraide, la solidarité, le respect, tout ça a disparu, et ça a laissé place à l’indifférence de l’autre. C’est triste, mais au delà de ça, c’est alarmant. Alarmant parce qu’avec le temps qui passe, notre humanité disparaît. On devient égoïstes au possible et individualistes. Alors, qu’est ce qu’il reste de notre lien social, aujourd’hui ? Pas grand chose. Avant, les gens se rencontraient avec tellement de romantisme, même en boîte ou dans des bars, c’était tranquille, c’était pas le bordel comme maintenant. Il y a tellement de vulgarité aujourd’hui, dans l’attitude des gens, les fringues, la façon de draguer. Les gens se respectent plus entre eux, tromper est devenu normal, divorcer est la suite logique du mariage. Avant c’était pas comme ça. Le mariage c’était sacré, et quand ça allait plus dans le couple, on essayait de comprendre pourquoi et de le réparer. On le cassait pas à la première crise. Plus j’y pense et plus je me dis que plus rien n’a de valeur aujourd’hui. Sauf peut être l’argent, ça clairement, on aura beau traverser toutes les époques, ça mettra je pense tout le monde d’accord. La morale disparaît petit à petit, la conscience, l’éducation aussi. Y a qu’à voir le taux de délinquance et d’agressions qui explose. A l’ancienne, les gens pouvaient dormir avec la porte ouverte et ça craignait rien. C’est juste impensable aujourd’hui. On est dans une société agressive, qui pousse tout le monde à être sur la défensive en permanence. C’est pour ça, cette peur, c’est pour ça, ce visage grave et sérieux et ce regarde fuyant. Ouais, avant, c’était plus facile, donc les gens étaient plus légers, c’est logique. Je parle de quelque chose que j’ai pas connu mais qui me fait rêver quand j’entends les anciens en parler, je parle de quelque chose que j’imagine et qui est peut être pire que l’idée que je m’en fais, mais peut être mieux, mais j’ai du mal à croire que les seventies et la liberté absolue peuvent être un cauchemar à vivre. On avait tout, et on est reparti de rien. C’est ça l’espèce humaine, construire pour mieux détruire. Y a qu’à voir l’environnement. On a fait beaucoup de progrès avec les années, et aujourd’hui on est à la pointe de la technologie ! Pourquoi ? Pour qu’il y ait un taux scandaleusement faible de gens qui trient leurs déchets, qu’il y ait encore des cons qui jettent des trucs dans la mer. En bref, qu’il y ait toujours aucun changement général dans les consciences. Avant, il y avait aussi des modes, il y avait des styles, il y avait des marques. Mais c’était pas la folie d’aujourd’hui. C’est la course à qui sera le plus beau, qui sera le plus stylé, qui aura les dernières pompes de ouf. C’est la course des apparences, avec une cruauté de malade si on est pas dans les standards. Et pourtant, on est censés évoluer, évoluer vers la tolérance et l’acceptation du coup. Bah on est loin du compte, car il y a jamais eu autant de harcèlement scolaire que maintenant. Alors est ce qu’on va s’en sortir, est ce qu’on va arriver à vivre ensemble, est ce qu’on va arrêter de galérer et pouvoir un peu souffler ? Il nous reste l’espoir d’y arriver, de se dire que ça va mal mais que ça ira mieux, que la réalité peut être bousculée, que ça peut pas continuer à dégénérer comme ça. Et puis la réalité, la vraie, celle qu’on peut pas changer revient et nous montre que non, on est bien là dedans et on doit faire avec. Alors il ne reste que l’imagination pour penser à ce que serait la vie si on l’avait vécu avant, ou dans 500 ans, et la débrouillardise pour tenir en équilibre tel un funambule qui sent sa corde se casser peu à peu.

Cher monde du travail,

Cher monde du travail,

Je viens de capter que j’avais encore jamais écris sur toi, ce qui pourtant est miraculeux. Je pense tellement de choses de toi, j’ai tellement à dire que je comprends pas pourquoi j’en ai pas parlé plus tôt, en premier limite même dans les textes que j’ai écris, mais soit. Je sais même pas par où commencer tellement je sens plein de choses bouillir en moi quand j’y pense. On a tous connu cette sensation d’être devant quelqu’un qu’on kiffe, d’avoir envie de lui raconter sa vie entière, mais que y a rien qui sort. Vous voyez de quoi je veux parler ? Bah là c’est pareil, sauf que je kiffe pas du tout. En fait depuis que je te connais, c’est la merde. Après je me plains pas, ou pas trop, j’ai un beau CV, j’ai toujours réussi à rebondir quand il le fallait, et surtout j’ai fait de belles rencontres grâce à toi. Mais quel putain de poison tu es. Je saurais même pas te dire une expérience que j’ai faite avec toi où ça s’est bien passé, parce que y en a pas. Je tombe toujours dans des endroits avec une ambiance de merde, des responsables tyranniques, et forcément un salaire de merde et 150 responsabilités qui vont avec sinon c’est pas drôle. Alors j’ai peut être pas de chance tu vas me dire, peut être que la roue va tourner un jour, mais honnêtement j’y crois plus. Je pense que je suis pas toute seule à plus y croire d’ailleurs. A enchaîner les jobs de merde, parce qu’on a pas eu la chance de pouvoir faire des études ou de rencontrer les bonnes personnes qui nous ouvrent les bonnes portes. Alors on fait ce qu’on peut et on prend ce qu’on trouve pour bouffer. Y en a qui ont la chance de vivre de leur passion ou de faire quelque chose qu’ils kiffent vraiment, et c’est génial, qui n’en rêve pas ? Mais voilà, pour ça il faut déjà savoir ce qu’on veut faire, puis avoir la thune pour se lancer dedans, grâce aux parents souvent. Bah quand on a pas tout ça, on vit par défaut. En fait tu fais du mal autour de toi. Y a vraiment un sacré problème. Les patrons d’aujourd’hui sont pour la plupart des connards, c’est pas un secret. Mais pourquoi ? Parce que tu leur monte à la tête. « Y a plus de taf, le monde du travail va mal ». Pour un taf de merde avec un salaire de merde, y a 200 CV sur un poste. Le patron il se dit quoi ? « De toute façon je trouverais toujours un con pour faire mon taf de merde ». Je vois des annonces mais c’est hallucinant. J’ai été responsable dans le commerce, pour que tu comprennes. C’est un métier hyper ingrat, parce que tu dois gérer le pire : les gens, les émotions des gens, et avoir un oeil sur tout pour que ça fonctionne bien, et que pour tout ce que t’as à faire, la prise de tête que c’est, c’est tellement mal payé. Bah quand je regardes les offres de responsable, j’hallucine. On m’appelle pour être directrice adjointe dans un énorme magasin de déco pour 1700 euros bruts. En net ça fait 1300 à peu près. C’est une blague. Cette semaine je vois une annonce pour être responsable adjointe d’un autre magasin de déco (décidément), 1635 euros bruts. Vers 1250 nets. Je pense qu’il y a un vrai problème. Et évidemment pour ce genre de taf, il faut des expériences de plusieurs années et des compétences. Souvent, pour des postes à responsabilités, j’ai passé 4, 5 entretiens avant d’être validée. On en est là, un putain de parcours du combattant, où tu dois galérer à mort pour être sous payé dans un truc qui te demandera un investissement x10000. On peut aussi parler de la reconnaissance. Je vais te dire ce qui cloche chez toi, pourquoi les gens en ont marre, pourquoi ça tourne pas et qu’aujourd’hui les gens sont malheureux de travailler. Ils sont pas reconnus, ils sont pas valorisés alors qu’ils taffent comme des merdes, pour être payé une merde, pour des patrons de merde qui les respectent même pas et qui croient avoir le droit de vie ou de mort sur les gens parce que « le monde du travail va mal et que si t’es pas content tu dégages, j’ai une pile de CV ». Les gens sont fatigués mais ils le font quand même, parce qu’ils ont pas le choix. J’entends toujours qu’on a toujours le choix dans la vie mais c’est faux. On a le choix de galérer, on a le choix de claquer la porte à la gueule de quelqu’un qui ne nous respecte pas, on a le droit de vouloir être payé à sa juste valeur, on a le droit de vouloir trouver un taf qui nous corresponde un minimum et qui soit pas à 3 H de chez nous. Mais y en a pas, ou alors on est des millions de poisseux à subir un quotidien morbide au travail en France. A supporter de perdre son temps pour un salaire ridicule. Mais on a pas le choix que d’avoir de l’argent qui rentre. Et y a les rêveurs, dont je faisais partie. J’ai commencé des études avec un rêve, mais j’ai du les arrêter pour bosser. Et quand je vois maintenant tous mes potes de promo qui ont eu leur master 2 et qui font des trucs qui ont juste rien à voir, ou qui trouvent rien, je me dis que c’est chaud, c’est très chaud. Clairement, j’avais lu une phrase style « tu peux être n’importe qui, avoir fait 0 études, avoir jamais taffé, si tu rencontres la bonne personne qui t’ouvres la bonne porte, tu peux faire n’importe quoi ». Je suis d’accord à 3000 % avec ça, et c’est comme ça, chacun sa chance. Clairement je te déteste, parce que tu brides les gens, ce qu’ils peuvent faire, leur potentiel, parce que tu les obliges à s’enterrer dans des trucs tellement tristes. Alors oui, on est fatigués, les travailleurs sont fatigués de juste être des travailleurs, de passer leur vie au taf pour avoir juste de quoi payer leur loyer et faire les courses, tout ça pour qu’1 français sur 4 soit dans le rouge à la fin du mois. Les travailleurs veulent être des kiffeurs, ils veulent kiffer avec leur argent, ils veulent arrêter de compter ce qu’ils font, ils veulent arrêter d’avoir des budgets pour au final être dans le rouge quand même, ils veulent aller en vacances, se faire plaisir. On est des personnes, on est pas juste des travailleurs destinés à faire rentrer de la thune elle même juste destinée à rentrer aux impôts, pour le loyer et les factures. On veut être des kiffeurs, pas juste des survivants.