Chère amitié

Chère amitié,

Il y a ces fois où j’ai cru te connaître, ces fois où je savais que c’était pas toi, il y a cette fois où j’ai cru que c’était toi, mais en fait c’était plus, et il y a cette fois où je t’ai vraiment connue. Je t’avais jamais vraiment connu dans ma vie, j’avais des relations assez superficielles avec tout le monde, et à vrai dire, je pensais pas que t’existais vraiment. Je veux dire, comme dans les séries, tu sais, où tu vois des amitiés de ouf entre les persos genre « à la vie à la mort ». Et pourtant je t’ai rencontré, je t’ai parlé pour la première fois en Octobre 2012, sans même savoir que c’était toi à vrai dire. J’ai senti immédiatement que j’avais une connexion spéciale avec toi, je saurais pas expliquer. C’était alchimique. On se comprenait à merveille, on terminait nos phrases, on se comprenait sans même se parler, on pouvait parler des heures ou ne pas parler du tout et c’était toujours aussi rassurant. J’ai dormi chez toi, j’ai fait des soirées avec toi, j’ai fait les courses avec toi, j’ai glandé à la fac avec toi, j’ai rigolé des heures avec toi, pleuré aussi, je t’ai raconté mes peines de coeurs, mes problèmes de famille, tu me parlais des tiens, j’ai essayé de t’aider comme j’ai pu, mais surtout de t’écouter, beaucoup, de te soutenir et de t’aimer très fort. Ouais, je l’ai eu mon « amitié de série », et elle était même plus belle que je ne l’avais imaginé. En fait j’ai jamais comprit pourquoi tu m’avais choisi moi, alors que je me considérais si quelconque à l’époque, toi qui était si drôle, si intelligente, si belle, si parfaite. J’ai jamais comprit mais j’en étais tellement fière. Et puis y a eu ce truc. Janvier 2015, un message hyper long mais qui pourtant était hyper vide. Tu m’expliquais que c’était la fin de notre amitié, de 2 ans et demi d’amitié fusionnelle. Et le pire dans tout ça, c’est que ton message était beau. Tu y avais mis de la tendresse. Je pense que j’aurais préféré que tu m’en mettes plein la gueule, ça aurait été plus facile de te détester.  J’ai jamais comprit ce qui nous est arrivées, ce qui t’es arrivée, pourquoi tout s’est fini comme ça, sur ce message énorme mais pourtant si vide d’explications que je n’ai jamais eu et que je n’aurais surement jamais. Je l’ai relu plusieurs fois pourtant, mais j’ai jamais comprit. Je pense que je saurais jamais pourquoi ça s’est arrêté comme ça, pourquoi il y a un an quand, parce que j’arrivais pas à t’oublier et que des potes t’ont contacté pour te le dire, tu m’as envoyé chier, pourquoi malgré toute cette déception, bah j’arrive pas à penser du mal de toi comme je le devrais. Aujourd’hui, j’attends plus rien de toi, tu m’as tellement déçu. Je croyais en toi, je croyais en nous. Pendant 3 ans, j’ai pensé à toi, j’ai pensé à nous, j’ai réfléchi à ce que j’ai pu faire pour te froisser, pour mériter que tu me vires de ta vie comme ça, j’ai réfléchi à comment te reconquérir, j’ai essayé de te demander ce que tu foutais. Ça n’a jamais rien donné, et aujourd’hui tu n’es toujours pas là, et je sais que tu ne seras plus jamais là. Ça ne me rend plus triste, tu m’as trop déçu pour ça. J’ai juste beaucoup de nostalgie quand je pense à toi, à ma fierté de t’avoir connu, à notre merveilleux duo et d’à quel point on était belles ensemble. On aurait pu durer pendant encore de longues, très longues années, t’aurais du être mon témoin à mon mariage, si t’avais pas tout gâché. Ou si j’avais pas tout gâché, mais dans ce cas là, dis moi putain ! J’aimerais tellement remonter dans le temps, à la dernière fois où je t’ai vu, à cette dernière fois où je t’ai déjà senti super bizarre, et qu’étrangement, je sentais que c’était la dernière fois que je te reverrais. J’aimerais revenir à cette fois là et te dire « bon, c’est quoi le problème ? ». Mais ça, c’est pas possible. J’pensais que nous, on valait mieux que ça, mais apparemment, je me suis trompée. Tout ce qu’on s’est dit, tout ce qu’on s’est promis, c’était pas aussi fort que ça apparemment. C’est surtout ça qui m’a déçu et qui me dégoûte de toi aujourd’hui. C’était la première fois où je t’ai connu, toi, l' »amitié », et je saurais pas dire si tu m’as fait plus de mal que de bien, ça a été si intense. Il y a cette rupture amoureuse qui m’a déchiré le coeur, et puis il y a cette rupture avec toi qui me l’a arraché et piétiné. On s’était dit qu’on se protégerait toujours, et pourtant c’est toi qui m’a fait le plus de mal, comme c’est ironique. Je ne te reverrais sans doute jamais, je ne te reparlerais plus jamais, à vrai dire, je n’en ai même plus envie, mais je sais que je ne te rencontrerai plus jamais une personne aussi incroyable que toi.

A l’amitié, à toi, Charlène.

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Chers jeux vidéos

Chers jeux vidéos,

D’autant que je me souvienne, tu m’as toujours fasciné. Quand j’avais 6 ans, je voyais tout le monde avec la game boy, la toute première, celle sans couleurs, avec l’image toute pixelisée et l’écran même pas éclairé. C’était pas ouf quand on y pense, quand on pense à ce qui se fait maintenant, mais à l’époque, c’était tellement un truc de fou. Je voyais tout le monde jouer à Pokémon, c’était dingue. Je l’ai pas eu la première game boy, ni la deuxième, la game boy color. J’étais à fond dans les cartes Pokémon à l’époque, et il faut dire que tu m’intriguais plus que tu ne m’intéressais. Les seules fois où je m’éclatais avec toi, c’était quand la voisine me gardait quand ma mère avait des trucs à faire. Je jouais avec toi sur la PS1, à Tarzan, je me souviens très bien ! C’était vraiment cool, je passais un super moment, mais j’étais quand même heureuse de te quitter pour retrouver mes crayons, mes feuilles et dessiner. Ouais, tu m’as jamais attiré plus que ça au début, en fait. Ça, c’est venu après. J’avais 8 ans, je venais d’arriver dans ma nouvelle école, en CE2, et des fois, je restais à la cantine quand ma mère était pas à la maison. J’étais dégoûtée à mort parce que je ratais midi les zouzous, mais en même temps j’étais hyper heureuse parce que je pouvais aller à l’atelier informatique. En fait il y avait une surveillante qui venait chercher les volontaires pour aller jouer dans la salle des pc, mais comme y avait beaucoup de volontaires souvent, et que je me pointais tous les jours, bah des fois elle me choisissait pas et ça me brisait le coeur. Parce que dans cette salle informatique, dans le pc que je prenais toujours, dans ma session, il y avait ma partie de frogger 2. C’est un jeu de plateforme avec une petite grenouille et y a plusieurs mondes : un laboratoire, un lac, une maison hantée… C’était mon niveau préféré. Ce jeu m’a tellement marqué que je me suis démerdée pour l’installer sur le pc avec lequel j’écris ces lignes là maintenant. J’ai commencé à y jouer un petit peu, et putain quelle émotion ! Ouais, faut dire que je suis très attachée à mes souvenirs, et que les jeux vidéos nous en laissent de beaux. Quelques années plus tard, la game boy advance est sortie, puis la game boy advance sp dans la foulée. En fait, c’était ma soeur qui la voulait, à la base, moi ça m’intéressait toujours pas plus que ça. Alors ma mère lui en a acheté une rose, et rien pour moi, vu que je m’en foutais de toi à ce moment là. Puis j’ai vu ma soeur jouer, à Hamtaro. Elle avait que 3 jeux en fait, mais elle y jouait tout le temps. Je la regardais jouer, j’entendais les musiques, je voyais les histoires qu’elle faisait, les aventures des hamsters dans le  royaume des arc en ciel, les ham ham aux jeux olympiques, le combat des ham ham contre le grand méchant Zizanie qui brise les couples, et j’étais un peu jalouse je dois dire. De temps en temps, j’essayais de gratter auprès de ma soeur qu’elle me prête sa console pour que je puisse y jouer un peu, mais évidemment elle m’envoyais chier à chaque fois. Pour éviter des guerres mondiales, ma mère m’en a du coup acheté une, couleur bleu arctique, je m’en rappelle bien ! Elle était grave stylée ! Et je pense que c’est comme ça qu’une longue histoire d’amour a commencé entre nous ! Ma soeur ayant fini ses parties, j’ai joué aux 3 jeux hamtaro, c’était mes 3 vrais premiers jeux, et ouais, même si ça peut faire rire et paraître débile, bah c’était génial ! Ces jeux étaient trop cool et en vrai c’est con mais j’aimerais bien dégoter une game boy advance sp bleu arctique et ces 3 jeux pour le kiff d’y rejouer. J’ai joué à Yu gi oh aussi dessus, et aussi à Pokémon Saphir ! Et puis le délire de la grosse cartouche, ça aussi c’était trop stylé ! Fallait souffler dessus sinon ça marchait pas, rhalala, que de souvenirs. On a commencé comme ça toi et moi, puis c’est monté petit à petit. Y a eu la nintendo DS, et là ça a été l’explosion. Tu m’as balancé Phoenix Wright, mon jeu préféré maintenant, et de loin ! Et puis tellement d’autres. Y a eu animal crossing aussi que j’ai découvert dessus, et qui a valu à ma soeur comme à beaucoup d’enfants une grosse addiction ! Faut dire que c’était l’arrivée du tactile à l’époque, que ça soit sur console ou sur téléphone, et ça aussi c’était ouf ! Les Playstation de Sony se sont succédées, et aujourd’hui on attend la ps5. Hé ouais, déjà . On a des technologies de ouf, style des casques de réalité virtuelles et des capteurs de mouvement pour jouer à des jeux de sport ou de danse et des accessoires liés aux consoles genre un volant pour les jeux de voiture, c’est juste ouf tout ce qu’on peut faire ! La qualité d’image est de mieux en mieux, limite dans les graphismes, on dirait qu’on est devant un film ! Il y a tellement de supports différents quand on y pense. Le téléphone maintenant c’est devenu une console à part entière, c’est vrai. La plupart des jeux connus sont dispo en version android et ios. Le succès de Pokémon Go par exemple, c’est un truc de fou ! Là on est vraiment dans un truc qui accompagne les gens de A à Z dans leur quotidien, c’est dingue quand on y pense. Les gens sont prêts à payer pour des extensions dans leurs jeux, pour débloquer des persos ou des accessoires, ils sont à fond, et ça fait du bien de trouver un peu de rêve à cette époque où tout est tellement sérieux. Le truc fou quand on y pense c’est que tu parles à tout le monde en fait. Tu parles à ceux qui veulent réfléchir, à ceux qui veulent de l’action et de l’aventure, à ceux qui veulent des trucs mignons, à ceux qui veulent du sport, ‘fin y a tellement d’univers ! Ouais, perso, j’ai toujours été team Nintendo, et puis il y a eu un remake de crash brandicoot et de ratchet and clank, alors on a prit la Play, vu que c’était les jeux d’enfance d’Elo. Puis en farfouillant sur les jeux les mieux notés par les gamers, j’suis tombée sur Life is strange, et là j’ai comprit pourquoi j’allais aimer la play réellement. J’pense que sur chaque console, que ça soit les anciennes Attari ou celles de maintenant, il y a un jeu qui est la pépite de quelqu’un, qui a remplit sa tête de beaux souvenirs et qui a fait qu’il était l’enfant d’hier et qu’il est maintenant l’enfant d’aujourd’hui. C’est ça ta beauté, c’est préserver et réveiller notre part d’innocence.

Cher humour,

Cher humour,

On a besoin de toi dans le monde, oh que oui ! On a besoin de toi parce que tout part en couilles : les guerres, les maladies, j’vais pas te faire un dessin plus long, tu connais l’idée. On a besoin de toi parce que tu permets de dédramatiser tout ce qui part en couille justement dans notre monde si imparfait et si bizarre, que tu permets de nous apporter un peu de lumière dans un monde d’ombres, de peurs, d’ennui, d’incertitudes, où on a peur de l’avenir, de si on aura un avenir déjà, où on repense sans cesse au passé et où on est pas forcément satisfait de son présent. Ouais, l’espace d’un instant, toi t’es là et tu nous fais rire, et putain que c’est bon. On oublie tout, on se déconnecte, on est juste avec toi, on t’écoutes, on oublie les problèmes qui pour la plupart n’en sont pas mais on en fait des montagnes, juste on est là, avec toi et on se laisse porter, on se laisse aller à sourire, à rire en toute liberté, on est complètement décomplexés et ça fait du bien, juste ça. Alors, est ce qu’on peut vraiment rire de tout, c’est la grande question. Hé bah moi je vais te lâcher un gros « non » à cette question. Oui parce que tu sais bien, y a des gens, genre Dieudonné qui t’utilisent pour propager des pensées antisémites, ils se servent de toi, ils se cachent derrière toi pour lâcher un vieux « c’était pour rire ! ». Mais non, c’est trop facile. Moi j’y crois pas à ça, je crois pas qu’on puisse rire de ce qu’il s’est passé en 39-45, je crois pas qu’on puisse rire de ce qu’il s’est passé à Nice le 14 Juillet 2016, je pense pas qu’on puisse rire des attentats Charlie Hebdo, je pense pas qu’on puisse rire de ce genre de drames en fait. Alors oui bien sur c’est toujours pareil, y a l’art et la manière de t’utiliser hein. On est en démocratie, y a la liberté d’expression, on est d’accord, t’es pas là pour nous lâcher des vieilles blagues de Toto toutes pourries. Mais y a un minimum de respect et de subtilité à avoir pour des choses aussi graves tu vois, genre lâcher « les juifs dans le four faut les retourner à mi cuisson » en fait c’est pas drôle, y a pas de chute, y a pas de but, y a pas de blague en fait, c’est nul. Donc ouais, à partir du moment où c’est pas drôle et que c’est gratuit j’estime qu’on parle plus de toi mais d’incitation à la haine, avec des pensées perso. Et c’est dangereux tu vois, parce que Dieu sait combien il y a de racistes dans ce pays, et Dieu sait combien les gens qui t’utilisent, qui te chantent, ou plutôt qui te vomissent dans le cas précis, bah ces gens là sont écoutés, ils ont un public, c’est un peu des leaders d’opinion tu comprends. Donc tu te rends compte l’impact que ça a des histoires comme ça sur des gens influençables ? Publiquement lâcher des trucs racistes devant une salle remplie ou sur les réseaux sociaux, ça a des conséquences, et les gens qui te pratiquent sont censés réfléchir et mesurer les conséquences, parce que ça en a. Ces gens là sont suivis, écoutés, ils ont des fans qui leur font confiance. C’est grave. Bon après les gens sont censés pas être cons et avoir leur libre arbitre aussi, ça c’est un autre débat. Heureusement, y en a qui t’utilisent très bien et qui eux, font vraiment du bien au coeur. Il y en a un tas, et il y en a des nouveaux qui débarquent chaque année, c’est vraiment ouf de se dire qu’on a pas fini de rigoler si on voit ça sous cet oeil et rien que cette idée, bah elle fait du bien. On est tous fatigués par nos factures, par notre taf, par nos embrouilles du quotidien, par le quotidien d’ailleurs, et puis il suffit d’un petit moment de blague, de déconne entre potes, ou même aller à un spectacle ou en regarder un à la télé, et on va se coucher avec le sourire en oubliant tout ça. Il suffit d’un rien en fait, mais ce rien là, bah on en a besoin. C’est nécessaire. On doit prendre du temps pour nous, pour se détendre, sinon on va tous se transformer en énorme boule de stress et exploser sérieux. On est fatigués, et on a besoin de légèreté, mais de vérités aussi, parce que sous couverts de conneries les gens qui te pratiquent ils disent pas des trucs cons hein, loin de là. Ils utilisent toujours la réalité, la vérité, ils s’en inspirent et ils tournent ça au ridicule. Ils prennent, je sais pas, des situations du quotidien, des moments de la vie de tous les jours où en plus on se reconnaît totalement, et on se fout de notre propre gueule du coup, et limite ça c’est la meilleure forme de toi, celle qui nous amène à être dans l’auto dérision, et ça aussi on en a besoin. En vrai, y a rien de plus marrant que de rigoler de soi, et on a atteint le sommet dans le lâcher prise quand on y arrive. Enfin voilà, tu fais du bien, tu l’auras comprit. Tu fais tellement de bien que maintenant bah y a de plus en plus de gens qui t’adoptent, pour désamorcer une situation genre pendant une embrouille ou quoi. T’as ce don là de faire redescendre les gens, parce que ouais, même quand on est énervé, face à une connerie bien dosée, bah on est obligé de rigoler et de laisser notre rancoeur de côté. T’es un peu magique dans ton genre. Et réalise ce que t’arrives à faire quand même. Des gens arrivent à vivre grâce à toi, grâce au simple pouvoir de faire rire. C’est à dire qu’il y a des gens qui analysent la vie, ils la tournent au ridicule, et ils la balancent à nous, gens fatigués que nous sommes, pour nous remplir de joie et d’espoir, et même parfois, souvent, nous faire réfléchir, nous émouvoir, nous faire nous dire « putain il a raison, c’est trop ça ». Ces gens là sont payés à nous vendre du rêve, grâce à toi. Ils rendent heureux des gens et voilà, c’est leur métier. Rien que l’idée, je trouve ça génial. On a un besoin urgent de ça dans le monde, et surtout dans ce pays tellement négatif, et qui nous conditionne tous à l’être encore plus. On a terriblement besoin de lâcher prise et de se taper une barre un bon coup, et de se décoincer pour beaucoup. Je milite pour remplacer le 20 H déprimant par des sketchs, ça nous soignerait tous au lieu de mettre de l’huile sur le feu de nos âmes déjà blessées.

Cher alcool

Cher alcool,

Avant de me mettre en colère, tu sais quoi, tu me fais de la peine, et en même temps tu m’inspires de la joie. Ouais, c’est super bizarre le sentiment que tu m’évoques en fait. Tu fous en l’air la vie des gens, mais en même temps t’es invité à toutes les bonnes soirées et tu les rends tellement cool ! On s’amuse avec toi, on rigole avec toi, on est cool avec toi. Le problème c’est quand tout ça, ça devient « grâce à toi », en fait. Hé ouais, à partit de là ça commence à devenir carrément glauque. J’ai connu des gens qui arrivaient pas du tout à s’amuser sans toi, à passer des bons moments en soirée sans toi, à parler aux autres sans toi, et du coup qu’est ce qu’il se passait à ton avis ? Tu devenais leur meilleur ami et ils se mettaient une bonne murge. « Ca décoince, ça désinhibe » ils disaient. Ouais bah un peu trop, et pas de la bonne façon, et pas comme ça putain. Je les voyais pécho ou se faire des potes dans cet état, mais je me disais juste « mec, tu pourras pas gérer quand tu redeviendras toi même, c’est pas toi là, c’est l’autre ». « L’autre », vous le connaissez ? C’est votre pote clean, et puis ce qu’il devient quand il est totalement torché, et généralement c’est pas du tout le même délire. Parfois c’est cool, parfois c’est drôle, parfois ça l’est moins. Tu vois de quoi je veux parler, hein ? Toi qui a ce pouvoir de transformer les gens, tu sais à quel point ça peut être radical. Je vous parle de ce pote qui devient hyper agressif quand il boit, ou alors très triste, je vous parle de ce pote qui pense à son ex et qu’il faut attacher à une chaise pour l’empêcher de la rappeler et de la demander en mariage, je vous parle de ce pote qui pleure toutes les larmes de son corps quand il boit en pensant à des choses trop tristes et vous savez pas pourquoi, je vous parle aussi de ce pote hyper heureux qui devient un as de la séduction quand il boit, un serial chopeur. Mais malheureusement je vous parle surtout de ce pote qui, sobre, est hyper timide, hyper coincé, mal dans sa peau, qui arrive pas à se lâcher ni à parler avec qui que ce soit, ce pote qui sobre voit passer plein de belles meufs, a envie de toute son âme de les aborder, n’y arrive pas, et donc il boit, il boit pour oublier qu’il est lui, il boit pour être quelqu’un d’autre, pour se fuir, pour être ailleurs, pour changer de peau et jeter sa conscience qui lui dit « tu peux pas le faire, t’as pas les couilles ». Voilà pourquoi il boit ce pote, et c’est un vrai problème. Enfin non, le vrai problème c’est toi, parce que tu nous bombardes de mensonges. Tu nous remplis d’illusions, à cause de toi on se sent plus forts, plus beaux, avec plus d’assurances, plus cool, plus tout en fait. Mais tu te rends pas compte que t’es qu’une putain de bombe à retardement ? C’est comme la calèche dans Cendrillon en fait, on se sent trop beaux grâce à toi, mais on est pas réels, et quand tes effets disparaissent et que tu nous retransformes en citrouille, c’est le monde qui s’écroule. Alors on a envie de recommencer, de redevenir cette personne trop cool qu’on a pu être grâce à toi. De retransformer la citrouille en calèche. Mais tout ça c’est faux. Et avec du faux, on construit que du faux. Y a ce problème là que tu provoques, ce problème d’identité qu’ont les gens et que tu proposes soit disant de résoudre avec tellement de facilité, alors que tout ça, c’est que du fake, c’est que de la merde, c’est que de la fumée. Ouais, cet autre problème, c’est les gens qui descendent aux enfers à cause de toi, avec toi. Parce que pour raconter des mensonges et transformer la vérité, t’es doué toi, putain ! T’es un peu comme le miroir de Risette dans Harry Potter, tu montres aux gens ce qu’ils veulent voir. Et ce qu’ils veulent voir, c’est autre chose que la réalité. Ils veulent fuir leur vie, se fuir eux même, ne plus penser à rien, être dans un monde où tout est simple, tout est facile. Et c’est ce que tu leur donnes, y a pas à dire, mais on en parle des conséquences ? Bien sur qu’on va en parler. Tu profites de la détresse des gens, de gens qui en ont marre de la réalité, qui veulent s’en aller dans un monde où ils ne penseront plus à rien, tu profites de l’homme qui a perdu son travail et qui va sans doute se suicider après avoir bu une bouteille de toi car tu lui as donné le « courage » de le faire, tu profites de la femme qui a fait une fausse couche, tu profites de cette fille qui vient de se faire violer parce qu’elle avait trop abusé de toi et qu’elle avait plus les idées claires quand deux mecs l’ont embarqué en boite pour abuser d’elle, tu profites de ce mec qui vient de se faire plaquer par sa femme et qui sait qu’il verra ses enfants que tous les 15 jours, alors que c’est elle qui l’a trompé cette connasse, et c’est lui qui est puni, tu profites de toutes les injustices du monde, de toutes les injustices des gens pour t’engouffrer dans leurs failles, leur dire que c’est de toi dont ils ont besoin, leur dire que tu es la solution, leur dire que tu peux tout arranger, qu’il suffit de boire et ça ira mieux. Alors que t’es qu’un putain de myhto, une putain d’addiction, un putain de monde imaginaire, un putain d’aller simple pour soit la désintox, soit la tombe, ouais, t’es qu’un putain de mensonge. Tu joues avec nos coeurs, tu joues avec nos esprits, tu nous donne des hallucinations, tu nous fais dire des choses qu’on dirait jamais en temps normal, tu nous fais faire des choses qu’ont ferait jamais en temps normal, tu vides nos âmes et tu mets un grand bordel sans nom à la place, où y a plus de codes, plus de passé, plus de présent, plus de futur, juste du vide, des rires, des pleurs et aucune pensées. Tu nous plonges dans le néant, pas le notre, un autre, mais limite j’ai envie de te dire, le tien fait encore plus peur que le notre. Parce qu’on ne contrôle plus rien à cause de toi, on ne se contrôle plus. Parce que c’est notre souffrance, notre peine, nos peurs, nos doutes, putain c’est ce qui fait qu’on est nous, c’est ce qui fait qu’on se sent vivant, qu’on peut crier au monde « putain c’est moi, je suis là, j’existe, c’est mon histoire, je suis pas qu’une putain d’ombre qui fait tout pour s’effacer ».

Chère clope

Chère clope,

T’es une belle saloperie. Belle, parce qu’on va pas se mentir, t’es esthétique. Sur tous les fumeurs de ma génération la plupart ont fait cette fameuse photo en noir et blanc, tu sais, où on les voit en train de te fumer style artiste maudit. Franchement on va pas se mentir, je t’ai déjà fumé, et pas q’une fois, et pas que ça si tu vois ce que je veux dire. Mais j’ai eu la chance de jamais tomber accro de toi, c’était pour le kiff, en soirée, avec des potes, et ouais, je fais partie des gens qui te fument « pour le style », et j’assume. Je l’aime bien moi ce côté artiste maudit que tu donnes, et ouais, moi je l’ai faite cette putain de photo en noir et blanc. Ouais, t’es stylée, mais t’es de la merde, de la belle merde déguisée en quelque chose de cool, qui ne l’est pas du tout. T’es comme plein de trucs sur terre, tu profites de la misère et de la détresse des gens pour exister. Mais tu le sais très bien tout ça, mais tu t’en fous hein, tu seras là encore dans 10 ans, dans 20 ans, avec toujours plus de choix pour se niquer la santé avec toi. Putain mais quand je vais au bureau de tabac et que je vois combien de sortes de toi il existe ça me fait tourner la tête. Tu te contentes pas d’être en un exemplaire unique, genre « LE paquet de cigarette », non, faut que tout un tas de connards se fassent un business autour de toi. Putain mais y a au moins une centaine de marques de toi au bas mots, et encore je compte bas ! C’est juste un truc de ouf. Y en a pour tous les goûts : y a les classiques, à la menthe, les light, les plus fortes, mais toutes ont le même goût, celui de la mort. Alors ouais, y a ceux plein de volonté d’en finir avec toi qui se mettent à la vapoteuse. Ils se disent que comme ça, ils feront une transition, et puis qu’un jour, ils t’enverront te faire foutre définitivement. Y a aussi ceux qui arrêtent radicalement, et qui prennent du poids, puis qui dépriment, puis qui replongent dans tes bras de sheitan. Y a ceux qui veulent moins puer, parce que tu pues putain, et aussi moins dépenser d’argent, parce que bordel que tu coûtes cher, et avoir encore plus de goûts aussi, et moins sentir celui de la mort quand ils te fument, du coup ceux là aussi ils se mettent aux cigarettes électroniques. Mais merde, t’as plongé les gens dans une putain de spirale. Ils peuvent plus se passer de toi, ils sont accros, totalement dépendant, et quand on leur dis d’arrêter, que c’est mauvais pour la santé, que c’est de la merde, que c’est une bombe à retardement pour un cancer des poumons, c’est toujours la même réponse « je sais mais j’y arrive pas ». Les gars, faut essayer plus fort, penser à sa santé plus fort, penser à sa thune plus fort, penser à ce que ça te prend et à ce que ça t’apportes plus fort. Parce qu’en soit à part pomper la thune et foutre un cancer des poumons, je vois pas ce que ça apporte. On vit dans un monde où les gens ont des putains de problèmes, des putains d’angoisse, des putains de questions sans réponses, des putains de sentiments d’injustice, des putains de vie de famille de merde, des putains de tafs de merde, et pas de putain de thunes, alors ils font ce geste en toute connaissance de cause, c’est un geste fort, celui de s’autodétruire. Fumer. Cette saloperie qui donne l’illusion aux gens malheureux d’être heureux. Un putain de geste qui a rendu accro des millions de personnes, ce putain de geste qui sert à remplir un vide, à cacher des angoisses et des peurs. Mais ça ne marche pas parce que la seule chose qui ait du pouvoir dans la vie des gens c’est pas toi, non, toi t’es de la merde. C’est eux même. Dans un monde plein de vices et de tentations tu n’es qu’un vice parmi tant d’autres, mais le problème c’est que toi tu peux niquer la vie des gens qui ont rien demandé. Le tabagisme passif, tu connais ? Encore un de tes nombreux effets. Donc nous on est là, on demande rien à personne, on se retrouve avec des gens qui fument et le simple fait de te respirer malgré nous peut nous faire tomber malade autant voire plus qu’un vrai fumeur. Tu sais, j’en connais pas mal des histoires dégueulasses comme ça. Des gens qui fument pendant 50 ans et qui ont jamais rien eu et un pauvre mec de 30 ans qui a jamais fumé qui se retrouve avec un cancer du poumon parce qu’il a trop respiré, trop de fois, pas au bon endroit et pas au bon moment. On vit vraiment dans ce monde là, où on paye pour les choix des autres, où non contents de raquer la thune de millions de gens et les envoyer dans une tombe, la saloperie que t’es touche des gens qui ont rien demandé ? Mais bon, la vie n’en est pas à une injustice près. Je dirais bien que c’est ahurissant et absolument choquant, que c’est pas normal, mais en même temps si on va par là, le concept même de ton existence est pas normal. Genre y a un mec qui s’est dit « bon, je vais fabriquer quelque chose qui pue, qui reste dans les cheveux, dans les habits, qui laisse une odeur absolument dégueulasse dans tout l’appart, qui jaunit les murs, et qui en plus de ça donne le cancer et coûte une blinde, et je suis sur que les gens vont kiffer ». Bah oui, il l’a fait, et ça a marché. On vit dans ce genre de monde chelou, où l’homme est attiré par tout ce qui conduit à sa destruction mais en même temps il se bat pour avoir de bonnes conditions de vie. Y a quelque chose qui tourne pas rond dans tout ça.