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Résumé : La vie quotidienne de Dorith et Elodie lorsqu’elles rentrent du boulot.Comment j'ai faim.png

Précédemment, « Comment c’est loin » de Orelsan et Gringecomment-cest-loin

Résumé : Orelsan et Gringe, deux mecs trop cools et professionnels de la procrastination galèrent à écrire leur premier album de rap. Leurs producteurs leur donne 24 H pour sortir une chanson acceptable : de là va commencer un combat contre la flemme, les potes, les problèmes de couples et les vieux démons afin de réussir leur mission. 

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Quand tu travailles avec des vieux

J’ai la (mal)chance de travailler dans une librairie qui compte 80 % de plus de 60 ans, qui en plus ont une mentalité typique de la côte d’Azur : « j’me la pète, moi avant tout le monde, et si j’ai pas c’que je veux dans les 3 secondes qui viennent, j’te méprise et j’me casse la tête haute avec mon manteau en fourrure qui traîne derrière. » Ouais, travailler dans la vente, c’est déjà pas de tout repos, mais alors travailler avec des vieux, sur la côte qui plus est, c’est carrément infernal. Déjà, ils comprennent un mot sur deux de c’que tu leur dit : il faut répéter, répéter, et encore répéter. Avec les vieux, patient tu seras, fou tu deviendras. Sans oublier le fait qu’ils te racontent leur vie pendant 156 ans, genre t’as droit à tout leur dossier médical depuis l’antiquité + le pourquoi du comment sa fille ne lui parle plus + une synthèse de 450 pages sur le danger d’habiter en ville à cause des racailles. Autant te dire qu’au fil du temps tu développes une hantise absolue de toute personne de plus de 60 ans, par principe. C’est dommage parce qu’en fait, les vieux se suivent et ne se ressemblent pas. Les 3/4 sont carrément cons/séniles/hautains/sourds, et puis t’as une bonne femme sur 30 comme ça, qui débarque avec sa culture débordante et sa bonne humeur, et t’as envie de dire « ô joie ! » Hé ouais, il en faut, mais hélas y en a pas beaucoup des comme ça. En fait, le délire c’est que ça te fait carrément désespérer de l’espèce humaine.

Une situation type qui se produit à peu près 99 fois par jour : la personne rentre dans la boutique, et va vers toi alors que tu es en caisse et qu’il y a déjà blindé de personnes qui font la queue. Mme Doubtfire passe devant tout le monde sans la moindre gêne, ni bonjour ni rien, et elle te tend une liste avec ses bouquins écrit dessus, style « je suis une reine et j’attends que t’aille me chercher ça, et que ça saute ». C’est alors que tu te fais le plaisir de lui rappeler que y a des gens avant elle, qu’elle va attendre son tour comme tout le monde, que tous les livres de sa liste sont en boutique, et qu’elle peut donc les chercher toute seule comme une grande. En sachant que la boutique fait à peu près 3 mètres carrés (bon, j’exagère, mais quand même), on est même plus dans de l’assistanat là, on a franchi un cap les gars.Saturation.png

Les achats de Noel

Opération commandoChaque année, à la même période, c’est le même bordel pour trouver des cadeaux, le même bordel pour circuler dans les rues, le même bordel pour ne pas grossir, bref, c’est le bordel, et nous allons étudier ça plus en détail les gars !

Déjà, faut partir du principe qu’une personne sensée et organisée prépare ses cadeaux vers mi Octobre. Mais toi, c’est genre plutôt vers le 22 Décembre à 3 heures du mat’ que tu te souviens qu’il faut faire des cadeaux. Et là, c’est carrément la merde. Déjà, pars du principe que rien ni personne ne sera là pour te faciliter la tâche. T’essaies de sonder les gens à qui tu veux faire des cadeaux pour savoir AU MOINS sur quoi tu vas te lancer, dans quels magasins tu vas aller, et t’as toujours droit aux « naaaan mais tu sais moi j’ai besoin de rien, t’embêtes pas pour moi ! » En fait c’que ces gens là comprennent pas c’est que c’est en répondant ça qu’ils nous emmerdent le plus. DONC c’est plein de ras le bol  motivation que tu te mets en mode détective improvisé et que t’essaies de deviner ce qui leur ferait plaisir à chacun. Dès que t’as une idée en tête, HOP, tu files sur internet, et là … 3 semaines de délai de livraison. Et c’est BIEN SUR au moment de payer, une fois que tu as bien galéré à créer ton compte sur le site, à trouver un mot de passe avec une majuscule, un chiffre, un symbole, des oeufs, de la farine et ta mère en string que le site t’informe de ce délai. Bien. Qu’à cela ne tienne, tu fais marche arrière, tu laisses tomber ta super idée de cadeau qui pourtant était parfaite mais qui n’est dispo que sur le net (comme les 3/4 des choses trop cool soit dit en passant), et tu t’orientes plutôt sur un truc que tu peux trouver en boutique. Ouais, t’es sur de l’avoir tout de suite comme ça. Une heure, une migraine, une crise d’angoisse et une séance de yoga plus tard, tu trouves enfin une idée de cadeau plus ou moins équivalente sur l’échelle de la coolitude, et là … Tu sors dehors. Et c’est là que tu vois l’ampleur du désastre spectacle. Des gens. Partout. *bénie soit la période de Noel* Tu tentes donc de te frayer un chemin parmi les vieux à deux de tension/les poussettes/les gamins qui courent partout, et une fois que c’est fait tu arrives au centre commercial. Tu trouves le magasin qui t’intéresses, et tu vois quelqu’un en sortir pile avec le cadeau que tu avais en tête ! Tu vas donc vers une vendeuse en lui décrivant ce que tu cherches, elle va chercher : dans les rayons, en réserve … Et elle revient en te disant qu’elle vient de vendre le dernier MAIS qu’il est disponible dans une autre boutique dans la ville voisine. A 2 H de bus et une H de train. Tram + bus + train + bus plus tard, tu y arrives, tu l’as, tu te barres en pleure quand la meuf t’annonces qu’elle n’a plus de papier cadeau, tu vas acheter du papier cadeau ailleurs, et enfin, tu rentres chez toi. Il est 21 H, tu viens de passer ta journée à faire un parcours du combattant géant parmi les gens, à passer l’autre moitié de ta journée dans les transports, à t’épuiser nerveusement : tu es émotionnellement vidé, crevé, mort, MAIS tu as ton cadeau. Tu vas donc chez toi, avec « We are the champions » qui résonne dans ta tête, tu ouvres la porte de chez toi tel un rescapé de la guerre de retour de victoire, tu allumes la télé … Et tu tombes sur une émission sur « le plaisir des achats de Noel » avec des interviews de gens qui ont des coeurs dans les yeux. La légende raconte que tu as vomi pendant 20 minutes, pissé sur la télé et sombré dans une spirale dépressive.